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V pour vendetta

V for Vendetta

Cote (sur 5): 4

Angleterre, quelques années dans le futur (pas assez pour être dépaysés, ne vous en faites pas), le gouvernement est devenu totalitaire, les États-Unis un pays du tiers-monde et les bonnes masses font tout ce qu’on leur demande et impose, manipulés principalement par la télévision est les autres médias. Puis une voix se lève contre ce totalitarisme, un terroriste qui ne recule devant aucun acte violent pour déstabiliser l’ordre établi… de force. Il se nomme V et sa rencontre avec Evey, une jeune femme qui passe tout près de devenir victime de ces mêmes forces gouvernementales, sera déterminante pour leur avenir respectif.

Grand film aux grandes idées, V pour Vendetta représente en quelque sorte une suite aux deux derniers volets de La Matrice des frères Larry et Andy Wachowski mais cette fois, avec de l’émotion, du sérieux et de bons dialogues. C’est qu’ici aussi, on demande aux gens de se soulever contre une entité monstrueuse qui contrôle leur univers. V prend seulement la place de Neo vu la mort de ce dernier… Par contre je dois avouer que là où les deux derniers volets de La Matrice étaient prétentieux, manqués, souvent ridicules et généralement ennuyants, V pour Vendetta est tout le contraire.

La bande dessinée (que je n’ai pas lue) se voulait réactionnaire face à la période Thatcher en Angleterre mais le film correspond tout aussi bien à l’ère Bush. Contrôle de l’information, surveillance constante des citoyens au nom de leur sécurité, tête dirigeante liée aux institutions d’extrême droite, tout y est. Incluant un animateur vedette, commentateur de l’actualité qui est un amalgame de Rush Limbaugh et Bill O’Reilly. Le film demande, des deux côtés (gouvernement et réactionnaires) : la fin justifie-t-elle vraiment les moyens? Et à quel moment le remède devient-il plus dangereux ou méprisable que le mal?

Somptueux tant dans les monologues de V que dans ses images, le film capte l’attention du début à la fin mais pourrait cependant tester la patience des pauvres cinéphiles affligés de déficit d’attention. C’est que V est également la première lettre du mot « verbeux » et le film l’est, traduisant ses origines écrites. Heureusement, la gravité des dialogues et des messages convient parfaitement au reste du film et c’est Hugo Weaving, un autre vétéran de La Matrice, qui s’en assure en prêtant voix au personnage principal. De son côté John Hurt s’avère le choix ironique pour incarner le chef d’état, lui qui était plutôt écrasé par Big Brother dans le film 1984 basé sur le roman d’anticipation de George Orwell. Le fantôme d’Orwell hante d’ailleurs tout le film.

Le seul personnage qui représente plus qu’une simple icône est celui d’Evey, jouée de façon émouvante par Natalie Portman, malgré un accent britannique, disons… intermittent. Portman, Weaving et Hurt sont bien entourés par Stephen Rea, toujours impeccable et Stephen Fry dans le rôle du patron de Portman, qui cache ses propres secrets.

La réalisation de James McTeigue, assistant-réalisateur des Wachowski pour la trilogie La Matrice, reste sobre et pas du tout tape à l’œil. Le film est construit un peu comme plusieurs numéros d’une bande dessinée, chaque numéro ayant son développement, son conflit et une apogée. Cela insuffle donc un rythme un peu épisodique au film. MCTeigue penche plutôt vers L’hyperréalisme et donc V pour Vendetta n’est pas un film de bonbon visuel comme de plus récentes productions. Il y a très peu d’aspects « futuristes » au film et c’est tant mieux.

Mélange d’action, de théâtralité et de thèmes importants, V pour Vendetta est le premier très bon film de 2006 et un excellent pont entre les films d’action de l’été qui s’en vient et les films à message de la période des oscars.

par Nicolas Lacroix
vu en version originale anglaise


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