Dermiere Critiques:

Les chroniques de Riddick

The Chronicles of Riddick

Cote (sur 5): 3

Il y a quatre ans paraissait un petit film de science-fiction sans prétention, intitulé Alerte noire/Pitch Black. Dans ce film, l'équipage et les passagers d'un navire de transport spatial se retrouvaient sur une planète hostile où des créatures voraces se servaient de l'obscurité pour attaquer. Le personnage le plus mémorable de ce film était Riddick, l'anti-héros typique: un tueur égoïste qui fini par se préoccuper du sort des gens autour de lui. Tout le monde s'est vite aperçu du potentiel du personnage et nous voilà maintenant avec Les chroniques de Riddick, une semi suite à Alerte noire. Cette fois, la prétention est au rendez-vous mais si le film donne parfois l'impression d'un épisode plutôt moyen de Star Trek, il y a assez d'éléments réussis pour maintenir notre intérêt.

Cinq ans se sont écoulés depuis l'aventure précédente de Riddick et son exil prend fin, bien malgré lui, lorsqu'une équipe de tueurs à gages tente de lui mettre la main au collet. Riddick n'ayant révélé qu'à une seule personne sa destination, il revient à la civilisation pour retrouver cette personne, le sage Imam du premier film. Cette action le plongera au centre d'un conflit intergalactique et le forcera à s'en mêler, bien malgré lui.

David Twohy, scénariste et réalisateur, est passé maître dans l'art de faire beaucoup avec peu. C'est le cas ici aussi. On voit que le budget est resté de l'ordre du 'raisonnable' mais en même temps, Twohy l'étire au maximum et propose un film souvent très impressionnant au niveau visuel. Le manque d'imagination frappe tout de même lorsque sont concernés les Necromongers, cette race conquérante grisâtre qui menace l'univers dans le film et dont le concept évoque immédiatement les Borg (de Star Trek) en beaucoup moins menaçant. On ne sent pas les Necromongers redoutables ou terrifiants comme ils sont censés l'être. La grande menace du film nous laisse donc plutôt froid et on ne s'inquiète pas particulièrement des capacités de Riddick à les battre. L'issue ne fait jamais de doute.

Un des défauts de Les chroniques de Riddick est de rappeler beaucoup trop de films passés. De Dune à New York 1999/Escape from New York de Carpenter, à peu près tout est déjà vu, sauf peut-être la facture visuelle. De même, Riddick s'avère un héros de film d'action tout à fait compétent mais cliché et Vin Diesel s'y donne totalement. Sauf que comme le personnage est relativement limité, le scénariste se voit forcé de le plonger au contre d'un conflit externe. Seul problème de cette logique: on se fout complètement du conflit ici. On ne sent pas la menace imminente, on ne s'investit dans personne sauf Riddick et donc forcément, on s'emmerde à quelques reprises. De loin la meilleure portion du film est celle où le héros doit s'évader d'une prison à sécurité maximale triple, qui n'a rien à voir avec le reste du film. Si tout Les chroniques de Riddick s'y était attardé au lieu de simplement en faire un morceau de bravoure pour étirer la durée du film, l'ensemble aurait mieux convenu tant à l'essence du personnage qu'à l'essence du premier film.

Au niveau des interprétations, encore une fois il s'agit du 'Vin Diesel Show' et les autres personnages survivent moins facilement aux clichés dans lesquels le scénario les embourbe. Thandie Newton est particulièrement mauvaise mais pas même Judi Dench ni Colm Feore ne brillent. Nick Chinlund, Karl Urban et Alex Adavalos font légèrement meilleure figure dans des rôles un peu plus vivants.

Les chroniques de Riddick est un film de science-fiction intéressant, impressionnant par moments et ennuyeux à d'autres, qui aurait bénéficié à se concentrer sur une intrigue plus intimiste, comme Alerte noire/Pitch Black.

par Nicolas Lacroix
vu en version originale anglaise


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