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Non ce pays n'est pas pour le vieil homme

No Country For Old Men

Cote (sur 5): 4.5

Les habitués du cinéma des frères Coen savent à peu près à quoi s’attendre : de l’humour souvent très noir, de la violence explicite, des personnages hors du commun et des dialogues mémorables. Malgré le fait qu’il n’a pas été écrit par eux (il s’agit de l’adaptation d’un roman de Cormac McCarthy), No Country for Old Men propose tout cela et plus encore.

Trois personnages vont s’entrecroiser : Anton, tueur sans remords qui s’avère dangereux dans n’importe quelle circonstance, qu’il soit menotté ou pas; Moss, un soudeur sympathique qui cumule les mauvaises décisions et le shérif Bell, qui se retrouve mêlé à l’histoire à cause de la mort d’un de ses subordonnés aux mains d’Anton. Lorsque Moss, parti chasser, tombe sur une valise pleine d’argent appartenant aux patrons d’Anton, une double chasse à l’homme s’enclenche : Anton recherche Moss, et le shérif recherche Anton.

Les Coen, qui ont adapté eux-mêmes le roman de McCarthy, ne nous laissent aucun répit du début à la fin. Le film est un thriller haletant, surprenant, fascinant et engageant. La remarquable réalisation est parfaitement complémentée par la direction photo de Roger Deakins et surtout par des interprétations sans faille de la distribution.

Javier Bardem nous offre le tueur psychotique le plus fascinant et à la fois terrifiant depuis Hannibal Lecter. Il s’élève au-dessus de l’être humain pour incarner littéralement une force implacable du Mal et un rappel percutant que la justice divine n’existe pas. Josh Brolin surprend lui aussi par sa capacité à nous faire deviner un homme à la fois très capable et beaucoup trop confiant. Tommy Lee Jones nous sert quant à lui un shérif laconique, sage et inquiet en même temps, l’homme vieillissant du titre qui cherche sa place dans ce monde violent. Les compliments s’étendent aux acteurs secondaires tels que Woody Harrelson, hilarant et pathétique, ainsi que la touchante Kelly Macdonald dans le rôle de la femme de Moss.

La seule chose qui pourrait déplaire est cette ellipse finale extrêmement déstabilisante pour le spectateur, mais à la défense des Coen, elle imite semble-t-il la finale du roman. La violence relativement explicite pourrait aussi choquer certaines personnes mais le cinéma des Coen en est imprégné. Le film représente-t-il un sommet pour ces grands cinéastes? Je serais tenté de dire oui mais le temps seul le dira.

par Nicolas Lacroix
vu en version française


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