La camisole de force Affiche de film

La camisole de force

The Jacket

  • Date de sortie: vendredi 4 mars 2005
  • Genre: Thriller

  • Réalisateur: John Maybury
  • Producteur: George Clooney, Marc Frydman, Peter Guber, Steven Soderbergh
  • Scénario: Massy Tadjedin
  • Studio: Warner Independent Pictures
  • Durée: 1h 42m
  • Site officiel: www.thejacketmovie.com
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Critique

Les publicités du film La camisole de force/The Jacket sont très trompeuses. Promouvoir le film comme un drame d’épouvante terrifiant est une erreur car le produit final ne peut être si facilement catégorisé et risque de décevoir les amateurs de sensations fortes. La camisole de force/The Jacket mêle les genres et les intrigues de façon parfois maladroite et il en résulte un film déroutant, mais pas pour les bonnes raisons.

Le film débute en 1991, en pleine guerre du Golfe. Jack Starks est atteint d’une balle à la tête et reçoit son congé. Un an plus tard, Jack erre sur les autoroutes du Vermont et se retrouve mêlé à une affaire de meurtre d’un policier. Jugé non coupable pour cause d’aliénation mentale, Starks est envoyé dans un institut psychiatrique pour être traité par le docteur Becker, un homme qui a de drôles d’idées sur la façon de guérir les instinct violents.

Le film démarre comme Le candidat Mandchou et distille des éléments de L’effet papillon, Donnie Darko, Quelque part dans le temps et une demi-douzaine de films sur le voyage temporel, sans pour autant s’avérer aussi efficaces que les films référencés. Cette réalisation du britannique John Maybury mêle aussi plusieurs genres et le film prend une tournure inattendue dans la seconde moitié, laissant de côté l’élément « suspense » et devenant plutôt une romance. Cette cassure pourrait aliéner une partie du public potentiel du film.

Visuellement, Maybury a tourné un film au look particulier, certainement impressionnant dans les séquences où Starks est enfermé dans son « tiroir », mais le visuel aussi change de ton à mi-chemin. Percutant et assez dur au départ, le ton s’adoucit à mesure qu’on avance et cela se reflète dans la composition visuelle de Maybury. Le spectateur québécois reconnaîtra également l’hiver du Québec puisque le film a été tourné en grande partie dans la région de Montréal.

Si l’intérêt du film est maintenu malgré la cassure de ton et de genre, c’est uniquement grâce à la performance solide d’Adrien Brody, bien appuyé par Kelly Lynch et Kris Kristofferson dans des rôles secondaires. Brody rend bien le tourment et la fragilité psychologique de Starks, ce qui nous permet de prendre un peu plus au sérieux une histoire plutôt farfelue. Keira Knightley est moins convaincante en jeune femme malmenée par la vie. Jennifer Jason Leigh se voit plutôt gaspillée dans un rôle cliché.

La camisole de force/The Jacket est loin d’être un mauvais film, mais c’est un film en quête d’identité. On sent l’hésitation des créateurs dans chaque scène : veut-on terroriser, intriguer, attendrir? À force d’hésitation, aucun des buts n’est complètement accompli. Cette production de Section Eight, la maison de production de Clooney et Soderbergh, s’avère donc un « échec intéressant » à voir pour les performances mais qu’on oubliera vite.

par Nicolas Lacroix
vu en version originale anglaise

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