Otages de la peur Affiche de film

Otages de la peur

Hostage

  • Date de sortie: vendredi 11 mars 2005
  • Genre: Action/aventure

  • Réalisateur: Florent Siri
  • Producteur: Arnold Rifkin, Bob Yari, Mark Gordon
  • Scénario: Doug Richardson
  • Studio: Alliance Films
  • Site officiel: www.miramax.com/hostage/
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Critique

Le réalisateur français Florent Siri, après avoir tourné le suspense Nid de guêpe a planché sur les deux plus récents jeux vidéos de la série Tom Clancy’s Splinter Cell. Pas étonnant donc que son premier film américain, Otages de la peur/Hostage, débute exactement comme un jeu vidéo. Les images hautement contrastées en rouge, noir et blanc évoquent aussi Sin City de Frank Miller. Ce spectaculaire départ éveille notre curiosité puis l’intrigue s’amorce.

Jeff Talley, un ex négociateur de la police de Los Angeles, quitte le stress de la grande ville et devient shérif d’une petite communauté californienne. Il se retrouve vite aux prises avec une prise d’otages qui se complique à chaque minute qui passe et qui finit par impliquer sa propre famille.

Otages de la peur/Hostage est adapté d’un roman de 2001 de Robert Crais. On y retrouve donc, du moins au départ, un peu plus de dimensions au personnage principal que dans le film d’action moyen. Willis est d’ailleurs de loin le meilleur élément du film, n’hésitant pas à donner dans le genre de héros dont il a le secret, vulnérable mais efficace quand ça compte. Émotif mais capable de cogner.

Outre ceci, le film vogue entre les eaux troubles du drame intimiste, du suspense à la Chambre forte/Panic Room et du film d’action extrêmement violent, sans jamais clairement choisir de voie sauf en finale, où l’ensemble chavire dans les excès de sang ridicules. Le côté drame intimiste s’avère le plus intéressant, notamment le dilemme auquel doit faire face Talley lorsque sa propre famille devient un pion de l’intrigue. La partie suspense tombe dans les pires clichés de ce type de film, avec le petit garçon trop brillant et les kidnappeurs idiotement ineptes. Quant à la finale, où un des personnages se transforme soudainement en véritable Hannibal Lecter, moins on en dira, mieux ce sera.

Il est très irritant de voir les quelques moments d’invention (comme le générique), des moments où le film pourrait profiter pleinement de son potentiel et s’élever au-dessus des clichés, avant qu’il ne se vautre dans le convenu et le ridicule. On soupçonne l’intervention du studio (Miramax) pour freiner les élans de Siri, dont la réalisation contient ces promesses d’originalité. La même chose semble s’être passée avec Jean-François Richet et sa reprise de L’assaut du poste 13 il y a quelques semaines : plusieurs séquences visuellement épatantes rehaussent des films qui finissent tout de même par s’écrouler sous les clichés.

Willis, dont la propre fille joue justement sa fille dans le film, est donc la principale raison de voir le film, combiné avec les quelques éléments du film qui sont frais et relativement originaux. Le film n’est pas horrible mais s’élève à peine, et avec difficulté, au-dessus de la série B moyenne. Un peu plus de rigueur derrière la caméra pour garder le ton constant et un peu de travail pour couper les éléments les plus farfelus du scénario en auraient fait un très bon suspense. Comme tel, le film laisse plutôt froid malgré les efforts de M.Willis.

par Nicolas Lacroix
vu en version originale anglaise

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