Une histoire de Sin City Affiche de film

Une histoire de Sin City

Sin City

  • Date de sortie: vendredi 1 avril 2005
  • Genre: Action/aventure

  • Réalisateur: Frank Miller, Robert Rodriguez
  • Producteur: Elizabeth Avellan, Frank Miller, Robert Rodriguez
  • Scénario: Frank Miller, Robert Rodriguez
  • Studio: Alliance Films
  • Site officiel: www.sincitythemovie.com
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Critique

Trop souvent ces dernières années les attentes des cinéphiles sont gonflées par de longues et onéreuses campagnes de publicité, pour des produits qui en bout de ligne n’arrivent pas à s’élever à la hauteur de ces attentes. Heureusement que de temps à autres une œuvre (car ne vous y trompez pas : Sin City tient autant de l’œuvre d’art que du film commercial) nous emballe et égale ou surpasse même nos attentes. Les attentes des nombreux amateurs de la bande dessinée Sin City de Frank Miller étaient élevée et disons immédiatement qu’elles ne seront aucunement déçues. Sin City n’est pas un film autant qu’un incursion dans le monde créé par Miller, dans cette ville du péché qui rend hommage, parodie et révolutionne à la fois le « noir », le genre littéraire et cinématographique de Chandler, Spillane, Hammett.

Sin City est une ville sans pitié, infestée de policiers corrompus, de criminels violents et de prostituées. Une série d’intrigues diverses s’y croisent, intrigues concernant ces durs à cuir et ces femmes souvent fatales qui représentent toujours soit leur salut, soit leur perte. Généralement les deux en même temps.

Le film adapte principalement trois histoires de la bande dessinée: Sin City (The Hard Goodbye), The Big Fat Kill et That Yellow Bastard. Chacune a son propre début et fin même si les lignes temporelles de chacune d’elle croisera celle des autres. D’un policier à l’aube de la retraite qui sacrifie tout, vraiment tout pour sauver une fillette à une brute prête à tout pour venger celle qui lui a donné sa seule nuit de tendresse, l’univers de Sin City est sombre, violent et destiné aux adultes.

Nous voyons enfin les possibilités merveilleuses du cinéma numérique qui permet un alliage extraordinaire du vrai et du faux. Dans Sin City, le réalisateur Robert Rodriguez (Il était une fois au Mexique) a recréé exactement l’atmosphère visuelle des bouquins de Miller, tournant avec ses acteurs sans décor et recréant ensuite numériquement les allées poisseuses de Sin City. Le cinéaste a donc accouché d’un film qui représente véritablement du jamais vu au cinéma, un univers visuel complètement renversant et fabuleusement onirique.

Qui aurait pensé un jour avoir peur d’Elijah Wood? Miller Rodriguez nous offrent un assemblage complètement dément de criminels et de anti-héros non seulement mémorables, mais qui captent notre attention au-delà du visuel époustouflant. La galerie d’acteurs qui les incarne est toute aussi impressionnante : Bruce Willis, Clive Owen, Josh Hartnett, Mickey Rourke, Jessica Alba, Benicio del Toro, Elijah Wood et bien plus. D’ailleurs, j’affirme tout de suite que Marv est le rôle ultime de Mickey Rourke et je suspecte que Sin City ravivera sa carrière comme Pulp Fiction pour Travolta. Espérons seulement que Rourke en profitera mieux. Le film appartient à Owen, Rourke, del Toro et à un degré moindre Willis. Sans compter Nick Stahl, un méchant que vous n’oublierez pas de sitôt.

D’autres qualificatifs qui conviennent à merveille à Sin City : sauvage, sexy, violent, cool, unique, sadique, extrême, politiquement incorrect, et j’en passe. C’est aussi de loin le meilleur film de Robert Rodriguez, qui marie ici ses propres sensibilités à celle de Frank Miller et l’un comble les carences de l’autre. Quentin Tarantino a également participé à la réalisation pour une séquence délicieusement macabre impliquant Owen et del Toro. Pas étonnant, puisque Sin City est du même univers cinématographique que Pulp Fiction et Kill Bill.

Un autre sommet d’adaptation d’un univers dessiné vient d’être atteint avec Sin City et la forme épouse ici parfaitement le contenu. À voir absolument, en laissant les enfants à la maison…

par Nicolas Lacroix
vu en version originale anglaise

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