Amityville : la maison du diable Affiche de film

Amityville : la maison du diable

The Amityville Horror

  • Date de sortie: vendredi 15 avril 2005
  • Genre: Horreur

  • Réalisateur: Andrew Douglas
  • Producteur: Andrew Form, Brad Fuller, Michael Bay
  • Scénario: Scott Kosar, Sheldon Turner
  • Studio: MGM Pictures
  • Durée: 1h 29m
  • Site officiel: www.amityvillehorrormovie.com
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Critique

On peut se le dire maintenant que nous sommes entre nous : considéré comme un « classique » à l’époque, à cause surtout de son succès financier, le film de 1979 Amityville : la maison du diable n’était pas un très bon film. Le livre de Jay Anson, publié en 1977 et qui prétendait raconter « une véritable histoire de possession » avait déjà préparé le terrain et s’était vendu à des millions d’exemplaires. Un énorme succès financier accueille le film et voilà! L’histoire de la famille Lutz passe à l’histoire et devient factuelle pour la grande majorité du public.

On en oublie que plusieurs indices pointent vers un canular visant à libérer George Lutz d’une hypothèque qui l’écrasait. Bon, c’est certain que notre but n’est pas de juger de la véracité du film mais de son succès ou échec, cependant lorsque des films font leur réputation sur une impression de vérité, j’aime bien fouiller un peu plus loin que la campagne de marketing.

Fait : Le 13 novembre 1974, Ronald DeFeo Junior assassine ses parents, ses deux frères et ses deux sœurs en pleine nuit à l’aide d’une carabine. Il affirme ensuite que des « voix » l’ont forcé à commettre les meurtres, option rejetée par le jury, qui le condamne à 150 ans de prison.

Fait : En décembre 1975, la famille Lutz achète la maison des DeFeo à Amityville, Long Island. L’énorme résidence du 112 Ocean Avenue ne leur coûte que 80 000$US, une aubaine fantastique. Les Lutz y emménagent le 18 décembre 1975. Ils quitteront de façon précipitée 28 jours plus tard, affirmant que la maison est hantée.

Cette nouvelle version du film présente un prologue axé sur les crimes de Ronald DeFeo puis suit de plus ou moins près l’intrigue du film original, en offrant sa vision de ce qui est arrivé à la famille Lutz pendant ces 28 jours.

Au départ, George et Kathy Lutz (incarnés par Ryan Reynolds et Melissa George) sont enchantés. La maison est magnifique même si elle nécessite beaucoup de travail, mais comme George est entrepreneur en construction ce n’est pas un problème. Quelques petits faits inusités se produisent, puis George se met à changer de personnalité assez radicalement. Sans compter la petite Chelsea, qui discute sans arrêt avec une amie imaginaire appelée Jodie.

Le film est exactement à l’image de la maison « du diable » : il s’appuie sur des bases très anciennes, on pourrait même dire éculées, mais y mêle une touche de modernisme. Une bonne couche de peinture sur les mêmes vieux murs de plâtre jaunis, si vous préférez. On n’y retrouve absolument rien d’original et ses éléments les plus efficaces (car il y en a) sont dérivés du cinéma d’épouvante asiatique.

Les deux aspects les plus efficaces du film sont certainement la transformation de George Lutz, où Ryan Reynolds arrive à manifester un air de menace qu’on ne lui soupçonnait pas, et le fantôme de la petite Jodie, mélange de Samara dans The Ring et de Wednesday Adams de la famille Adams!

Sinon, le reste du film se déroule dans les règles de l’art pour le film de maison hantée. Quelques peurs, de nombreuses séquences où tout l’auditoire se dit qu’il agirait autrement dans les mêmes circonstances, et une séquence finale amusante mais venue de nulle part. Le scénario de Scott Kosar injecte également des moments d’humour tout à fait inappropriés qui viennent briser l’ambiance déjà fragile.

La réalisation du britannique Andrew Douglas n’a rien de personnelle. C’est un peu comme un « greatest hits » des récentes reprises comme Massacre à la tronçonneuse et Le cercle tel que mentionné plus haut.

Tout comme les populaires émission réalités de rénovation, Amityville : la maison du diable tente de faire nu neuf avec du vieux et y parvient partiellement. La nouvelle version est un peu meilleure que l’originale mais la leçon ultime demeure la même qu’il y a 25 ans : dans le marché immobilier actuel, méfiez-vous des trop bonnes affaires!par Nicolas Lacroix
vu en version originale anglaise

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