Charlie et la chocolaterie Affiche de film

Charlie et la chocolaterie

Charlie and the Chocolate Factory

  • Date de sortie: vendredi 15 juillet 2005
  • Genre: Famille

  • Réalisateur: Tim Burton
  • Producteur: Brad Grey, Richard D. Zanuck
  • Scénario: John August
  • Studio: Warner Bros. Pictures
  • Durée: 1h 55m
  • Site officiel: chocolatefactorymovie.warnerbros.com/
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Critique

Parents, enfants, amis, chiens et chats (pourquoi pas?), Tim Burton et ses comparses vous offrent du véritable bonbon, un joyau de film pour la famille. Tordu, éclaté, charmant, le film de Burton respecte ses thèmes habituels (l’enfance, l’innocence, les pères) avec cette adaptation du livre de Roald Dahl. Le roman avait déjà donné lieu à un film en 1971 (que votre humble critique n’a d’ailleurs jamais vu. Mea culpa) mettant en vedette Gene Wilder.

Charlie Bucket, qui vient d’une famille on ne peut plus pauvre mais qui n’est pas du tout amer, aimerait bien être un des cinq enfants à trouver un billet d’or dans une des barres chocolatées de la compagnie Wonka. Ces cinq billets, et seulement cinq dans le monde, donnent la chance de visiter l’usine de Wonka, sous la supervision de Willy Wonka lui-même, le plus innovateur des fabricants de friandises. Charlie aimerait aussi, si on lui donnait l’occasion, demander à M. Wonka qui fabrique ses chocolats et autres bonbons depuis qu’il a remercié tous les employés il y a 15 ans…

La recette est simple : Roald Dahl + Tim Burton x Johnny Depp = Un mariage parfait. De fait, j’irais jusqu’à dire qu’il s’agit du meilleur film de Burton depuis Ed Wood, sinon depuis Edward Scissorhands, très près de Charlie dans l’âme. Possiblement parce que le réalisateur se contente de mettre en image le monde inventé par Dahl et que leurs deux visions s’harmonisent à merveille. Dahl est un génie du macabre enfantin et Burton associe aussi constamment innocence enfantine et macabre.

L’équilibre est parfait : pas trop de sentimentalité, pas trop de déjà vu, une moralité qui passe facilement sans étouffer, beaucoup d’invention et surtout beaucoup d’humour. Même le complice de toujours de Burton, le compositeur Danny Elfman, prouve qu’il n’a absolument pas perdu le sens de la mélodie pop depuis qu’il a mis fin au groupe Oingo Boingo. Les chansons qu’il a composées pour les Oompa Loompas (petit peuple qui fabrique les friandises de Wonka) sont hilarantes et instantanément mémorables.

Johnny Depp retrouve son partenaire de jeu de Finding Neverland, le jeune Freddie Highmore , qui représente l’âme du film (pas pour rien que le film s’intitule Charlie et la chocolaterie à l’image du livre de Dahl). Si Depp offre une autre performance excentrique apparentée à son Capitaine Jack Sparrow (certains ont évoqué les parallèles dérangeants de son Willy Wonka avec Michael Jackson mais je préfère ne pas m’engager sur cette voie), Highmore sert d’oasis de normalité au sein de la folie du film.

Ils sont fabuleusement appuyés par les acteurs secondaires dont David Kelly (le grand-père), Christopher Lee et Deep Roy, acteur et cascadeur qui incarne tous les Oompa Loompas et se démène comme un diable. De même les acteurs et actrices qui incarnent les enfants gâtés qui accompagnent Charlie lors de la visite de l’usine sont impeccables.

L’aspect visuel remarquable du monde de Wonka dépend bien sûr de Dahl et Burton mais il faut souligner le travail du directeur photo Philippe Rousselot, avec lequel Burton travaille depuis La Planète des singes. L’univers multicolore de la chocolaterie nous transporte dans un monde complètement fantasmagorique tandis que la ville dans laquelle évolue la famille Bucket renvoie au gothique si cher à Burton.

Charlie et la chocolaterie est un superbe film pour la famille, qui sort de l’ordinaire et divertit les gens de tous âges. Rempli de couleurs, de rêve et de bonheur, c’est un rendez-vous à ne pas manquer avec du cinéma familial de qualité. Chose si rare de nos jours.

par Nicolas Lacroix
vu en version originale anglaise

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