La paye Affiche de film

La paye

Paycheck

  • Date de sortie: jeudi 25 décembre 2003
  • Genre: Science-fiction/fantaisie

  • Réalisateur: John Woo
  • Producteur: John Woo, John A. Davis, Michael Hackett, Terence Chang
  • Site officiel: www.paycheckmovie.com
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Critique

Philip K. Dick, ça vous dit quelque chose? Auteur de science-fiction, Dick n’a connu la notoriété qu’après sa mort en 1982, quelques temps avant la sortie d’une première adaptation cinématographique de son oeuvre, un petit film intitulé Blade Runner. Depuis, Hollywood s’arrache son oeuvre. Total Recall, Screamers, Minority Report et même The Truman Show proviennent de l’oeuvre de l’écrivain. Plusieurs concepts de La matrice rejoignent également directement la préoccupation de l’auteur avec ce qui est réel et ne l’est pas. La plus récente adaptation de Dick est La paie/Paycheck, écrite en 1953.

Michael Jennings est un ingénieur qui travaille à l’envers : montrez-lui une machine, un mécanisme, et il le démontera pour découvrir son secret. Pratique pour les corporations qui veulent voler les secrets des rivaux. Mais la nature de son travail oblige Jennings à accepter qu’on lui efface la mémoire après chaque boulot. Ainsi, des mois de sa vie sont effacés chaque fois qu’il reçoit son chèque de paie. Un vieil ami, Rethrick, propose à Jennings l’affaire de sa vie : il obtiendra un chèque de paie dans les huit chiffres s’il accepte ce travail. Le seul hic est qu’il ne durera pas quelques mois mais deux à trois ans, une durée jamais vue pour Jennings. Mais la récompense potentielle est trop alléchante pour cet homme qui aime l’argent et il accepte. Jennings se réveille donc au bout de trois ans, sans souvenir de ce qu’ilL a accompli pour Rethrick, et découvre avec stupéfaction qu’il a refusé sa paie de 90 millions de dollars en échange d’une enveloppe contenant 20 items d’apparence anodine. Il devra découvrir pourquoi.

Grand fan de John Woo de l’époque où il tournait dans sa contrée natale, Hong Kong, je ne peux qu’être déçu devant la promesse non-remplie de ce qu’est l’oeuvre du maître de l’action depuis qu’il a traversé l’océan. Si Face/Off et Mission Impossible 2 sont plutôt enlevant, ils n’en arrivent cependant pas à la cheville des films chinois de Woo comme The Killer, Hard Boiled ou A Bullet In The Head. Pire encore, Woo semble maintenant forcé de s’auto-parodier par des studios américains qui ne lui laissent pas la latitude nécessaire pour vraiment casser la baraque et révolutionner le film d’action comme il a pu le faire par le passé.

La paie/Paycheck propose un concept fort intriguant, et quelques idées prometteuses. Tout cela finit par se volatiliser plus rapidement que mon chèque de paie, au profit d’un suspense générique et de séquences d’action très proches de la série B. La première moitié du film garde notre intérêt mais les invraisemblances et les clichés viennent finalement gâcher le tout. Sans compter que le film rappelle, dans ses aspects les plus intrigants, le Rapport Minoritaire de Spielberg. Tous deux proposent des protagonistes qui connaissent leur avenir et tentent de le déjouer, tout en cherchant comment ils en sont arrivés là. Mais les mésaventures de Ben Affleck sont moins captivantes à cause du scénario lâche et la juxtaposition de séquences d’action franchement ennuyantes. Du John Woo 101, incluant une apparition de ses éternelles colombes, mais sans l’imagination qui caractérise généralement les séquences d’action tournées par Woo.

Affleck n’est pas mauvais, Thurman l’est, tandis que Aaron Eckhart ne peut faire mieux que les platitudes habituelles du méchant que le scénario lui dicte. Tout le monde ici s’est donc contenté de venir chercher son chèque de paie et cela donne un film décevant et à effacer de notre mémoire.

par Nicolas Lacroix
Vu en version originale anglaise
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