Elizabethtown (v.f.) Affiche de film

Elizabethtown (v.f.)

Elizabethtown

  • Date de sortie: vendredi 14 octobre 2005
  • Genre: Comédie, drame, romance

  • Réalisateur: Cameron Crowe
  • Producteur: Cameron Crowe, Paula Wagner, Tom Cruise
  • Scénario: Cameron Crowe
  • Studio: Paramount Pictures
  • Durée: 2h 02m
  • Site officiel: www.elizabethtown.com
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Critique

Comme ceux de Tim Burton, les films de Cameron Crowe ont pratiquement leur genre à eux. Mélanges de comédie, de mélancolie, de tendresse et de romance, le tout baigné de rock et généralement accompagné d’une prise de conscience, les oeuvres de Crowe portent sa marque, de Say Anything à Jerry Maguire en passant par Presque Célèbre. Elizabethtown ne fait pas exception mais… de façon beaucoup moins élégante, efficace ou fignolée.

Drew Baylor est un jeune professionnel sur le bord du précipice. Sa grande idée pour un nouveau soulier de course, sur lequel sa compagnie a beaucoup misé, est un désastre monumental qui va coûter un milliard de dollars en pertes directes. Remercié par son parton et mentor, Drew décide de mettre fin à ses jours. La vie va se charger de changer ses plans lorsque le père de Drew meurt et que ce dernier reçoit la mission de récupérer le corps à Elizabethtown, sa ville natale. Une hôtesse de l’air sympathique et le charme simple des habitants de la campagne vont bouleverser la vie et la mort planifiée de Drew.

La première chose qui frappe de Elizabethtown c’est le nombre de similitudes avec Garden State, le charmant petit film de Zach Braff. Dans les deux films, la mort d’un parent ramène un jeune homme déconnecté de ses sentiments dans sa ville natale où une jeune femme excentrique l’aide à se redécouvrir. Les deux films proposent une bande originale omniprésente, dont les chansons évoquent les sentiments du personnage à l’écran. Garden State était cependant plus réussit.

Ici, l’abondance (surabondance même) de chansons et la structure du film chevauchent constamment la ligne mince entre le style habituel de Crowe et une caricature de ce style. C’est comme si Crowe s’était amusé à se copier mais sans aucune subtilité. Il nous ressort une très efficace chanson d’Elton John, comme pour presque célèbre et nous la sert même deux fois, symptôme de ce manque de nuance dans la réalisation générale.

Le film passe par des détours inutiles au lieu de se concentrer sur le meilleur morceau du scénario, un « road trip » que Drew (personnage d’Orlando Bloom) effectue dans le dernier tiers du film. Des séquences très convenues avec les gens du « village » vacillent entre efficaces (les scènes avec son cousin Jesse et son neveu Samson) et clichés du genre. De même, les interludes impliquant les personnages de Bloom et de Kirsten Dunst passent du charmant au superflu.

Ceci dit Bloom, dans un rare rôle « non médiéval » réussit très bien. Il est l’ancre, l’alter ego de Crowe, dont les films contiennent toujours un élément biographique. Il s’avère particulièrement efficace lors du « road trip », qui lui exige pour la première fois du film une gamme d’émotions, qu’il rend sans l’aide de paroles. La réussite générale du film lui revient en grande partie.

Kirsten Dunst est un cas plus particulier. Loin d’être une actrice extraordinaire, Dunst a un registre très limité qui surprend de moins en moins et son personnage, une variante de Penny Lane de Presque Célèbre, ne sert vraiment qu’à faire avancer l’intrigue.

Au niveau des acteurs de soutien, la qualité varie également. Susan Sarandon est gaspillée dans un rôle cabotin de clown, alors qu’Alec Baldwin offre une performance-éclair marquante. On remarque aussi beaucoup Paul Schneider, dans le rôle ci-haut mentionné de Jessie, le cousin de Drew.

Symptomatique d’un film en dents de scie, Elizabethtown contient assez de superbes séquences, des moments touchants et charmants pour valoir d’être vu. C’est que comparé au reste de la filmographie de Crowe, il déçoit. C’est du « Cameron Crowe lite ».

par Nicolas Lacroix
vu en version originale anglaise

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