Harry Potter et la coupe de feu Affiche de film

Harry Potter et la coupe de feu

Harry Potter and the Goblet of Fire

  • Date de sortie: vendredi 18 novembre 2005
  • Genre: Science-fiction/fantaisie

  • Réalisateur: Mike Newell
  • Producteur: David Heyman
  • Scénario: Steven Kloves
  • Studio: Warner Bros. Pictures
  • Durée: 2h 36m
  • Site officiel: www.gobletoffire.com
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Critique

Avant de se plonger dans le vif du sujet, la mise en garde habituelle s’impose : je ne suis pas lecteur des aventures de M.Potter. Je découvre donc son univers et ses péripéties au fil des films. Films qui, il faut bien se rendre à l’évidence, s’adressent de moins en moins à moi (qu’on nommera à présent CQNLPP ou Celui qui ne lit pas Potter, une créature lovecraftienne de plus en plus rare). Voici donc un quatrième film qui arrive, réalisé cette fois par le britannique Mike Newell de Quatre mariages et un enterrement.

Une quatrième année débute à Poudlard et elle commence à peine que déjà les problèmes arrivent : le nom d’Harry Potter a mystérieusement été ajouté à la Coupe de feu, le calice qui choisit les participants au périlleux tournoi de sorcellerie qui opposera trois écoles. Pourtant Harry n’a pas l’âge de participer au tournoi. Mais les règles sont les règles et les décisions de la Coupe de feu sont finales : Harry sera le quatrième concurrent. De quoi lui donner des soucis, surtout qu’il dort déjà mal, son sommeil perturbé par des cauchemars impliquant le retour de Voldemort.

La série Harry Potter ne deviendrait-elle que l’équivalent « magique » des films de James Bond? Attendez avant de vous fâcher et de me traiter de tous les noms et voyez plutôt : au lieu de M on a D (Dumbledore) pour donner sa mission à notre héros, chaque épisode propose le méchant du moment (généralement un agent sous couverture insoupçonné avant la fin), le mélange humour-action-tragédie reste constant d’un film à l’autre et tout comme Bond, Potter n’est jamais réellement en danger ce qui réduit à zéro la tension éventuelle. Mon point étant celui-ci : ça sent la formule à plein nez. Rendu au quatrième film, ce qui semblait frais et amusant au départ devient réchauffé et tiède.

Dans ma critique de Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban j’écrivais : « Ce que (le réalisateur) Cuarón apporte d'abord et avant tout à la série Potter est un sens visuel insoupçonné jusqu'à maintenant, ainsi qu'une folie palpable. Tout peut arriver dans le film, on le sent dès la première séquence. Le réalisateur fait souvent des choix audacieux et aventureux pour sa mise en image, comme de la caméra tenue à la main, les amusantes humeurs d'un arbre bien vivant ainsi que dans l'image finale du film. On sent enfin un vrai sens du cinéma et non uniquement un effort appliqué pour adapter une œuvre trop bien connue. » Malheureusement, tout le contraire est vrai ici. Jamais depuis le début de la série d’adaptations cinématographiques n’a-t-on aussi clairement illustré la difficulté inhérente d’adapter les briques de Rowling et de les condenser en un seul film, qu’il dure deux heures trente ou trois heures. Ce Potter vol.4 propose de rudes cassures de ton, l’escamotage de personnages intéressants (et semble-t-il bien plus importants dans les livres), un caractère précipité et manque de cohérence narrative. Les fans de Potter s’en aperçoivent moins mais les autres CQNLPP ne peuvent remplir les nombreux trous avec ce qu’ils ont lu.

Au niveau des positifs, impossible d’ignorer les effets spéciaux généralement renversants (comme le visage de braise de Sirius Black), l’interprétation de Brendan Gleeson dans le rôle de Alastor Moody ainsi que celle toujours efficace de Alan Rickman dans le rôle du professeur Snape, trop peu utilisé. Daniel Radcliffe, Emma Watson, Rupert Gint et Michael Gambon sont égaux à eux même, dans des rôles qui ne leur demandent plus trop d’efforts.

Le grand moment du film est surtout cette excellente séquence en finale, lorsque le film abandonne enfin les enfantillages et se plonge dans la noirceur tant annoncée du quatrième livre le temps d’une confrontation mémorable mais courte. C’est à ce moment que Harry Potter et la coupe de feu commence à s’approcher du film précédent. Si le prochain peut maintenir cette gravité et laisser un peu tomber les aspects trop juvéniles qui imprègnent les trois quatre de La coupe de feu, l’intérêt des CQNLPP pourrait être ravivé. Sinon, la série Potter sera à jamais fermée à tout ceux et celles qui ne lisent pas les livres alors que les fans, eux, seront probablement autant ravis par ce quatrième film que par les précédents.

par Nicolas « CQNLPP » Lacroix
vu en version originale anglaise

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