Terreur à Wolf Creek Affiche de film

Terreur à Wolf Creek

Wolf Creek

  • Date de sortie: dimanche 25 décembre 2005
  • Genre: Horreur

  • Réalisateur: Greg McLean
  • Producteur: David Lightfoot, Greg McLean
  • Scénario: Greg McLean
  • Studio: Alliance Films
  • Durée: 1h 35m
  • Site officiel: www.wolfcreekmovie.com
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Critique

« Basé sur des faits véridiques ». Combien de films d’horreur sont heureux de pouvoir ajouter cette dimension à leur épouvante? Wolf Creek, production australienne au budget ridicule, premier film de Greg McLean acheté à Sundance par le studio Dimension, se targue d’être inspiré d’événements réels. La véracité de ce fait est douteuse. Le film colle d’aussi près à des incidents réels que Le Massacre à la scie (autrement dit, pas tellement). Le film s’avère par contre un des films d’horreur les plus méchants et cruels des dernières années.

Liz et Kristy sont deux filles en vacances en Australie. Voyageant avec Ben, un garçon de Sidney rencontré lors du voyage, elles visitent des endroits isolés de l’Outback australien. Une fois au parc national de Wolf Creek, leur voiture tombe en panne et le trio doit accepter l’aide de Mick, un habitant du coin qui semble sympathique de prime abord mais qui s’avère en fait un psychopathe qui cueille les touristes comme bon lui semble.

Après un départ très lent qui évoque des centaines d’autres films du genre et fait presque perdre patience, le film de Greg McLean s’enclenche finalement avec l’arrivée de Mick, le psychopathe. La banalité même du personnage le rend encore plus terrifiant, bien plus que n’importe quel Freddy Krueger et autres improbables Jasons. Sa cruauté ne laisse malheureusement aucun doute sur son humanité.

Le style et le scénario de Wolf Creek évoquent La colline a des yeux, le récent Haute tension, avec une touche de Blair Witch Project et de Massacre à la scie. Les images rappellent quant à elle Razorback ou même les premiers films de Peter Weir, avec leurs paysages australiens à la fois magnifiques et menaçants. La cinématographie est superbe, surtout pour une production tournée en numérique. C’est seulement dommage que l’approche soit si conventionnelle et qu’en bout de ligne, l’originalité de Wolf Creek ne tienne qu’à la férocité de son tueur.

Le trio de jeunes formé de Cassandra Magrath, Kestie Morassi (véritable sosie de Jennifer Aniston) et Nathan Philips est correct, à peu près équivalent aux types habituels de ces films en un peu plus chaleureux. La palme de l’interprétation revient cependant à John Jarrat, dont la normalité est terrifiante. Le scénario de McLean ne fait pas dans la dentelle et on se retrouve finalement bien loin des films de tueur en série américains (Amen!). Son efficacité surprend encore plus quand on apprend que Jarrat anime une série de la BBC intitulée Better Homes and Gardens!

Comme l’ensemble du cinéma d’horreur, Wolf Creek et son tueur affichent une misogynie évidente. Les sévices commis par Mick sur les deux jeunes filles sont légion, sans qu’on sache trop ce qui arrive à Ben. Le cinéma d’épouvante croit encore que les femmes en danger sont plus efficaces que les hommes on dirait.

Il est regrettable que McLean se sente obligé de terminer son film par des capsules racontant ce qui est advenu des protagonistes, ce qui laisse encore croire que tout ce que nous venons de voir est véridique. Le cinéaste s’est inspiré de deux affaires criminelles connues en Australie (celles d’Ivan Milat et de Peter Falconio) mais son film ne reflète que sa version, usant de personnages inventés. Wolf Creek est un film de tueur légèrement supérieur à la moyenne, redoutable par endroit et qui reste gravé en mémoire. L’ironie suprême est qu’on le lance à Noël.

par Nicolas Lacroix
vu en version originale anglaise

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