Night Watch Affiche de film

Night Watch

Night Watch (Nochnoi Dozor)

  • Date de sortie: vendredi 24 février 2006 (limité)
  • Genre: Horreur

  • Réalisateur: Timur Bekmambetov
  • Producteur: Konstantin Ernst
  • Scénario: Timur Bekmambetov, Sergei Lukyanenko
  • Studio: Fox Searchlight Pictures
  • Site officiel: www.foxsearchlight.com/nwnd/
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Critique

Note de départ : Ce texte fait référence à la version DVD européenne du film, qui pourrait différer légèrement de la version que vous verrez en salle.
Vous pensiez probablement que la guerre froide était terminée. Détrompez-vous. C’est seulement qu’au lieu d’impliquer l’Union Soviétique et les États-Unis, elle se livre maintenant à une échelle plus grande, entre le Bien et le Mal. Le premier volet de cette lutte épique s’intitule Night Watch/Nochnoy dozor et est basé sur une trilogie de romans chroniquant cette lutte entre les forces du Bien (du jour) et du Mal (de la nuit). Après plus d’une année de délai, le film de Timur Bekmambetov arrive finalement sur nos écrans.

Depuis des siècles, les forces du Bien (magiciens et mages) et du Mal (vampires et démons) protègent un équilibre fragile pour que la paix règne et qu’aucune des deux entités ne prenne le dessus. À cet effet, les forces du Bien montent la garde la nuit et les forces du Mal protègent l’équilibre en surveillant le Bien le jour. Puis, dans le Moscou moderne, l’arrivée d’un jeune garçon qui pourrait être l’élu qui fera pencher la balance définitivement d’un côté ou de l’autre est l’objet d’une dispute entre les deux camps.

Vous en avez possiblement entendu parler : Night Watch/Nochnoy Dozor est el film qui a battu tous les records de box-office en Russie, éclipsant les Spider-Man 2 et autres Seigneurs des Anneaux. C’est compréhensible car sous une surface qui mêle des concepts de plusieurs autres films, Night Watch établit une mythologie fabuleuse convenant parfaitement à son univers particulier et proposant assez d’originalité pour 10 films américains du même acabit.

Le réalisateur, Timur Bekmambetov, vient du clip et de la pub et ça transpire dans chaque image. Son film est à la fois ultra léché et authentiquement (pour un nord-américain en tout cas) russe. Bekmambetov a réalisé un petit miracle avec ce film, tourné pour à peine 4 millions$US. Les nombreux effets spéciaux, d’une efficacité qui encore une fois fait pâlir bien des productions américaines à gros budget, servent ici à rehausser le récit mais ne le remplacent pas.

Outre le visuel époustouflant, le scénario détone également des productions de ce genre. Bercé d’archétypes du cinéma de genre, il regorge cependant d’un humour atypique qu’on dit propre aux russes. Pour chaque élément un peu cliché du film, le scénario offre trois ou quatre trouvailles étonnantes qui gardent l’ensemble frais et original.

Cette même originalité s’étend à la distribution. Konstantin Khabensky, qui incarne le personnage principal Anton, n’a vraiment pas l’allure du héros type. Sa bouille sympathique, son caractère bougon et la vulnérabilité du personnage en font un point de mire parfait pour le spectateur qui arrive dans cette mythologie sans repère. C’est d’ailleurs un des problèmes du film, cette évidence qu’il s’agit d’un épisode à l’intérieur de la trilogie et non un film à part entière. Un peu hermétique de par le manque d’explication, le film dépayse nettement, ce qui n’est pas mauvais en soit pour un cinéphile excédé par l’usine à copie qu’est Hollywood.

Si les films comme Underworld et Van Helsing vous ont déçu, donnez une chance à Night Watch. C’est un film de genre inusité, proposant un mélange intrigant de science-fiction, d’horreur, de fantastique et premier épisode d’une saga grandiose. Vous aurez certainement très hâte, comme moi, au second volet, Day Watch/Dnevnoy dozor, déjà tourné et brisant encore des records d’assistance dans sa contrée natale. Et si jamais votre nouvelle voisine de palier devait soudainement se transformer en hibou, ne vous inquiétez pas, elle travaille seulement pour les forces du Bien.

par Nicolas Lacroix
vu en version originale russe sous titrée en anglais

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