Bon Cop, Bad Cop (v.f.) Affiche de film

Bon Cop, Bad Cop (v.f.)

Bon Cop, Bad Cop

  • Date de sortie: vendredi 4 août 2006 (limité)
  • Genre: Action/aventure

  • Réalisateur: Érik Canuel
  • Producteur: Kevin Tierney
  • Scénario: Patrick Huard, Kevin Tierney, Leila Basen, Alex Epstein
  • Studio: Alliance Atlantis Vivafilm
  • Durée: 2h 00m
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Critique

L’idée était claire, simple, évidente : un film canadien qui unirait le Canada dans l’humour, d’un océan à l’autre, écrit par un de nos plus efficaces humoristes et acteur accompli de surcroît. On aura plutôt droit à un scénario facile, qui va d’un cliché à l’autre sans épargner quelques conventions que ce soit. Dommage.

Vous connaissez la chanson : deux flics que tout oppose, de la langue aux méthodes, sont forcés par des circonstances artificielles à travailler ensemble. Ils se découvriront au fil de l’aventure, qui concerne évidemment le hockey, au point de défier les patrons incompréhensifs et de toute risquer, à commencer par leur peau. Comme je vous disais, rien que nous n’ayons vu des douzaines de fois, sauf qu’ici, au lieu de l’asiatique et de l’afro-américain, il s’agit de l’ontarien et de l’affreux québécois. Et on beurre bien épais dans tous les sens.

Ce qui surprend de prime abord en voyant Bon cop bad cop c’est le nombre effarant de clichés du scénario. Sérieusement, compte tenu de l’estime que j’ai pour Patrick Huard et de son talent formidable, je m’attendais à bien plus original que ce ramassis de déjà vu. La période se déroulant au Québec est particulièrement pénible tant on donne dans le stéréotype éculé. Les choses s’améliorent (un peu seulement) lorsque l’action se transporte en Ontario.

Je vous entend « Oui bon, c’est compris, c’est cliché, mais est-ce drôle »? En partie, oui, tout à fait. Assez pour recommander le film aux cinéphiles qui ne recherchent aucunement l’originalité. Assez pour le recommander aux fans de Huard, qui joue dans le fond son propre rôle. Et certainement, à recommander pour les scènes, trop courtes, de Louis-José Houde, qui vole le « show » en médecin légiste sarcastique.

Colm Feore se retrouve également dans la colonne des positifs du film, réussissant à s’élever au-dessus de la caricature que représente son personnage de bon flic ontarien coincé et droit. Lucie Laurier n’apporte cependant aucune chaleur à un personnage qui devrait nous être sympathique. On la soupçonne d’avoir « coulé » ses cours de chimie.

Le réalisateur Érik Canuel a prouvé par le passé qu’il savait bien imiter. Cela n’aura jamais été plus flagrant que dans ce film, où il calque Michael Bay une minute, David Fincher la suivante et Brett Ratner en majeure partie. Aucune touche personnelle dans le film, tout vient d’une autre œuvre, tant l’éclairage que les plans et angles de caméras. C’est un peu comme si le film avait été monté par un comité, chaque membre du comité ayant voulu y insérer « sa » séquence, qu’elle colle avec le reste ou pas. Bref, des cassures de ton constantes, qui nuisent à l’humour et dérobe son rythme au film.

Bon cop bad cop n’est efficace que sous la définition la plus primaire du divertissement : quelques séquences punchées, une poignées de répliques amusantes (notamment grâce à Sylvain Marcel), un élément de familiarité nationale (le hockey) et un scénario qui ne demande d’effort de personne. Le reste est constitué de références (pour ne pas dire mauvaises copies) de séquences venues d’ailleurs, de films que nous avons tous vus des douzaines de fois.

Je me souviens… oui! De tous les films qui sont passés avant!

par Nicolas Lacroix
vu en version originale bilingue

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