Casino Royale (v.f.) Affiche de film

Casino Royale (v.f.)

Casino Royale

  • Date de sortie: vendredi 17 novembre 2006
  • Genre: Action/aventure

  • Réalisateur: Martin Campbell
  • Producteur: Barbara Broccoli, Michael G. Wilson
  • Scénario: Neal Purvis, Robert Wade
  • Studio: Columbia Pictures
  • Durée: 2h 24m
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Critique

Star Wars, Batman, même le tueur Leatherface a eu droit à son « prequel », ces suites qui n’en sont pas puisque se déroulant chronologiquement avant le film qu’elles suivent. Maintenant voici celui de Bond, James Bond, dans sa sixième incarnation officielle, sous les traits du blond et musclé Daniel Craig. Attendez, ça se complique. Casino Royale fut le premier roman d’Ian Fleming, celui qui présenta Bond au monde et définit le personnage. Pour diverses raisons, les producteurs de la série de films ne purent mettre la main sur les droits de ce roman de Fleming et donc Casino Royale n’a jamais été officiellement adapté jusqu’à aujourd’hui. Il s’agit donc d’un curieux mélange : un film moderne mais reprenant les origines de Bond comme si aucun des autres films n’existait. On efface le tableau et on recommence vraiment à zéro avec Casino Royale.

Alors que M envoie un Bond nouvellement promu au rang des doubles zéro prendre des vacances forcées, ce dernier tombe sur un complot qui pourrait avoir des répercussions sur le monde terroriste. Il devra donc se mêler à une importante partie de poker pour déjouer les plans de celui qu’on appelle Le Chiffre.

Première constatation, la plus heureuse : les aspects les plus farfelus de Bond ont été évacués, pour de bon espérons-le. L’humour à gros traits, les cascades impossibles, les gadgets de science-fiction sont tous absents de ce « Bond 6.0 ». Le peu d’humour contenu dans le film vient de dialogues savoureux et non de gros clins d’œil à l’auditoire. Bond est pris au sérieux, sa mission est prise au sérieux, la violence aussi est prise au sérieux. Le film est donc à la fois rétro (voir le générique) et moderne.

Et Monsieur Craig? Je me rangeais du côté de ceux qui auraient adoré voir Clive Owen dans le rôle. Il possède la menace et le charme nécessaires. Craig lui possède certainement la menace. Pour le charme, il faudra attendre au moins un film de plus avant le verdict final. Peut-être qu’on l’a trop vu dans des rôles de méchant (notamment dans Voie de Perdition). Chose certaine, il a l’air de la brute que décrivait Fleming dans son roman.

Eva Green, Jeffrey Wright (dans la peau du célèbre ami de Bond Felix Leiter), Giancarlo Giannini et Mads Mikkelsen sont tous à la hauteur, particulièrement Green qui offre une performance généralement nuancée.

Les cascades du film sont époustouflantes sans donner dans l’absurde. Une poursuite à pied au début du film, inspirée des Jackie Chan et autres Yamasaki, coupe le souffle. L’action est moins présente en seconde moitié du film, qui donne lieu à u aspect de Bond que les autres films avaient négligés, à part Au Service secret de sa Majesté. C’est peut-être le seul reproche qu’on peut faire au film d’ailleurs, ce changement de ton qui s’opère un peu radicalement une fois le casino quitté.

Une question m’assaille : tant qu’à tout recommencer, pourquoi avoir gardé Judi Dench dans le rôle de M? C’est une excellente actrice, certes, mais sa présence nous rappelle les autres films que le scénario veut nous voir oublier. Petit détail cependant, au milieu d’un très belle réinvention. Il ne nous reste qu’à espérer que cette relative sobriété demeure au moins jusqu’au prochain film, qu’on verra en 2008.

par Nicolas Lacroix
vu en version originale anglaise

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