Monstre Affiche de film

Monstre

Monster (2004)

  • Date de sortie: vendredi 30 janvier 2004
  • Genre: Drame

  • Réalisateur: Patty Jenkins
  • Producteur: Brad Wyman, Charlize Theron, Clark Peterson, Donald Kushner, Mark Damon
  • Site officiel: www.monsterfilm.com
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Critique

Aileen Wuornos, qui se fait appeler Lee par ceux, rares, qui la connaissent, est une prostituée meurtrière en série qui fut exécutée par le gouverneur Jeb Bush (oui, le frère de l’autre) en 2002 pour avoir tué sept hommes. Patty Jenkins a décidé de tourner un film sur Wuornos, un drame semi-biographique intitulé Monster et mettant en vedette Charlize Theron et Christina Ricci dans le rôle de l’amante lesbienne de Wuornos.

Les films qui traitent de tueurs adoptent généralement une des voies suivantes : le portrait implacable et à la limite du supportable (voir Henry : Portrait of a Serial Killer un classique du genre); la biographie se concentrant sur les bons gars soit les policiers chargés de l’enquête; ou encore le portrait plus empathique qui tente d’expliquer ou du moins de faire comprendre les agissements du criminel. Monster tombe dans cette catégorie. Le film fait aussi partie de ce groupe plutôt rare : un film moyen largement élevé par une performance remarquable. Quoi qu’on puisse penser de Monster en tant que film, et vous verrez que je lui trouve plusieurs lacunes, la transformation de Charlize Theron n’en demeure pas moins renversante. On a rarement vu actrice ou acteur se donner autant à un rôle. Theron, la grande beauté blonde sud-africaine, nous fait un « De Niro » et se transforme de toute les façons possibles.

Il faut être prudent avec les biographies hollywoodiennes. Trop souvent on nous présente comme des faits des fabrications de la scénariste (aussi Jenkins) destinées à faire un film plus divertissant ou plus commercial. Le cas récent de Un homme d’exception/A Beautiful Mind en est un bel exemple puisque toute la section concernant le personnage de Ed Harris est une fabrication totale. On se demande donc, en tant que critique, si l’on doit prendre en considération la véracité des événements d’un film biographique ou si l’on doit simplement considérer le film comme une entité à part sans lien avec la réalité. Dans le premier cas, le film échoue lamentablement puisqu’il change de façon significative la vérité et tente par plusieurs moyens de transformer Wuornos en victime plutôt qu’en prédateur. Dans le deuxième cas, Monster ressemble à un téléfilm typique, un peu tordu soit (à peine) mais tout de même prévisible.

À mi-chemin entre Henry : Portrait of a Serial Killer et Boys Don’t Cry, Monster ne mérite d’être vu que pour le tour de force de Theron. Le reste du film est plutôt conventionnel pour ce genre, tragique certes, pathétique aussi mais un peu facile comme défense des comportements sociopathes de Wuornos. Si au moins Jenkins avait collé de près à la réalité, le portrait sympathique serait plus facile à avaler, mais la réalisatrice et scénariste tourne plusieurs coins ronds quant à cette pauvre femme. Ainsi Monster ne représente pas tellement le portait pénétrant qu’il aimerait être. Tout ceci n’empêche pas Theron de donner une performance absolument remarquable qui ne manquera pas d’être soulignée lors des divers galas.

Par Nicolas Lacroix
vu en version originale anglaise
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