Next Affiche de film

Next

Next

  • Release Date: April 27, 2007
  • Genre: Action/Adventure, Comedy, Drama

  • Director: Lee Tamahori
  • Producer(s): Arne L. Schmidt, Graham King, Nicolas Cage, Norman Golightly, Todd Garner
  • Writer(s): Gary Goldman, Jonathan Hensleigh, Paul Bernbaum
  • Studio: Paramount Pictures
  • Length: 1h 36m
  • Official Site: www.nextmovie.com
Read in French

Critique

Le futur est laid. Quelques minutes suffisent pour en témoigner. Vols, meurtres, terrorisme : rien de réjouissant à l’horizon. Mais quand on s’appelle Nicolas Cage, le futur, ça se change. Par contre, dès qu’on modifie une parcelle de cet univers, la vie prend un tout autre sens. Pourtant, qui serait assez fou pour ne pas modifier le cours de l’histoire? Personne. Surtout pas la gang de Next, un film qui, tant qu’à transformer l’avenir, aurait peut-être pu améliorer son sort…

Librement inspiré de la nouvelle de science-fiction The Golden Man signée Philip K. Dick, le scénario de Next raconte l’histoire de Cris Johnson, un magicien de Las Vegas né avec le don de voir dans un futur très rapproché. Depuis qu’il a eu la vision d’une femme, il l’attend dans le café où il est convaincu qu’il y rencontrera l’amour. Mais quand il aura enfin cette chance, il devra faire face à un choix déchirant, car au même moment, le FBI sera à ses trousses pour obtenir son aide afin de mettre la main sur un groupe de terroristes voulant faire exploser Los Angeles.

Nicolas Cage est l’un des acteurs d’Hollywood les plus constants du nouveau millénaire. Jamais plus de deux films intéressants consécutifs, des productions à gros budgets, des sensations fortes et un rôle (toujours le même?) d’homme stoïque qui réussit à avoir ce qu’il veut. À défaut de ne pas s’éloigner de son confortable moule, cette fois Cage semble y avoir pris un certain plaisir. Conséquence : on plonge un peu dans son monde.

Malgré un casting honorable, peu d’acteurs parviennent à livrer la marchandise. Bien sûr, il faut blâmer ces personnages sans véritable substance et unidimensionnels. L’agente qu’est Julianne Moore manque de tonus, Jessica Biel est prisonnière d’un rôle qui ne lui permet pas d’exploiter son talent, Tory Kittles (le partenaire de travail de Moore) est une pâle imitation de Denzel Washington et c’est sans compter les nombreux risibles vilains.

Là où Paycheck, mais surtout Minority Report (deux adaptations de nouvelles de Philip K. Dick) ont réussi, Next a échoué. En offrant deux tempos bien distincts – celui mettant en vedette les forces de l’ordre et l’autre, très dramatico-romantique avec la belle Jessica Biel - le rythme fait défaut. Pourtant, c’est pour ce genre de film qu’il est primordial de bien doser le rythme. Contrairement à ses prédécesseurs, le récit ne suscite pas autant d’engouement. Plusieurs facteurs en diluent l’intérêt, notamment le manque d’éclat de l’ensemble. Ici, pas de gadgets ou de techniques révolutionnaires : que le cerveau qui travaille.

Par contre, force est d’admettre que certaines idées intéressantes ressortent de ce film mêlant action, science-fiction et suspense. La première et la plus apparente est que le héros se veut loin d’être parfait. En se projetant dans le futur, il se rend compte qu’il prend régulièrement la mauvaise décision. La patience sera son arme la plus redoutable et il s’en servira à bon escient. Tout comme les quelques minutes qu’il a d’avance sur le reste des gens, d’ailleurs. À cela, il faut ajouter que sauver le monde est loin d’être la priorité de Cris Johnson et que son sang-froid le place régulièrement dans des situations précaires.

Les dernières scènes du long métrage atteignent aussi la cible. L’effet de surprise est réussi et ne laisse aucun doute quant à l’issue de l’aventure. Impossible également de reprocher au réalisateur Lee Tamahori et aux scénaristes d’avoir étiré la sauce. Non, on est loin de s’éterniser sur le sujet. Et c’est tant mieux.

Bref, Next n’a pas l’étoffe pour se hisser parmi la liste des films à ne pas manquer. L’ensemble a trop de faiblesses, repose sur des bases pas assez solides et manque de saveur. Par contre, pour divertir, le temps de 96 minutes, il s’acquitte bien de sa tâche. Grâce à une certaine originalité, Next ne sombre jamais vraiment dans l’ennui.

Par Yan Lauzon
Vu en version originale anglaise

Change Location