Ma tante Aline Affiche de film

Ma tante Aline

Ma tante Aline

  • Release Date: July 20, 2007
  • Genre: Comedy

  • Director: Gabriel Pelletier
  • Producer(s): Lorraine Richard, Luc Martineau
  • Writer(s): Frédéric Ouellet
  • Studio: Alliance Atlantis Vivafilm
  • Length: 1h 45m
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Critique

L’été au Québec, c’est inévitable : ça prend toujours au moins une comédie légère bien de chez nous sur les écrans. Souvenez-vous : en 2004 c’était Camping sauvage, en 2005 on a eu droit à Idole instantanée, l’année dernière on nous a servi Duo… Et maintenant? C’est l’arrivée de Ma tante Aline, le nouveau film signé Gabriel Pelletier. Même si sa réalisation peut compter sur plusieurs prolifiques acteurs québécois et qu’elle se veut sympathique, elle a trop souvent une allure vieillotte.

Geneviève St-Louis est une carriériste à la vie bien rangée. Elle est toujours en contrôle de la situation. Sa seule « folie » provient du fait qu’elle couche avec un collègue. Mais un beau jour, elle va être déstabilisée par l’arrivée de sa vieille tante Aline, une ancienne chanteuse de cabaret. Aline lui demande rien de moins que de l’héberger afin de lui éviter le reste de ses jours dans un centre d’accueil. Prise au dépourvue et forcée d’attendre qu’une place se libère pour sa tante, Geneviève va devoir négocier avec cette dame manipulatrice qui a encore le rythme dans le sang.

L’univers de Gabriel Pelletier est assez particulier. Son genre d’humour aussi. Karmina, La Vie après l’amour, Karmina 2 : tous des films dont l’aspect comique provient la plupart du temps d’un certain malaise ou d’un malaise certain. Bien souvent quand on voit les situations qu’il a mises en place, on se demande si au lieu d’en rire, on ne doit pas tout simplement en pleurer. Parfois, ça donne un résultat surprenant. Pris au dépourvu, on rit de bon cœur du malheur qui s’abat sur certaines personnes. On se surprend à souhaiter que les personnages qu’il a créés essuient d’autres cuisants échecs. Par contre, ceux de Ma tante Aline laissent plutôt indifférents. Est-ce que ce sont eux ou les situations avec lesquelles ils doivent négocier qui sont la cause de ce manque d’intérêt? Qu’importe. Le résultat est le même : plusieurs gags tombent à plat. On arrive à sourire quelques fois, mais jamais à s’esclaffer. C’est trop peu.

Aline n’a pas peur du ridicule… et c’est justement ça le problème : le film, lui, frôle en grande partie le ridicule. On a beau être au cinéma, on a l’étrange impression d’assister à une pièce de théâtre d’été. Les décors, le jeu des couleurs, les pas de danse et même le pina colada ont un aspect superficiel. Malgré toute la bonne volonté du monde et le caractère de l’ensemble qui se veut sympathique, on n’arrive jamais vraiment à nous intéresser. Aline est convaincue que son grand « come-back » est pour très bientôt. Elle se trompe.

Heureusement, au milieu de cette mince histoire qui vacille entre le désir de faire rire et d’émouvoir, qui alterne en « problèmes d’adultes » et agissements enfantins, il y a Sylvie Léonard. Intense et convaincante, elle joue avec succès sur plusieurs registres. Elle donne à son personnage de Geneviève St-Louis assez de tonus pour qu’on y croit. Elle a fière allure. Béatrice Picard, elle, se donne à fond et prend un plaisir évident dans l’aventure. Elle s’investit dans cette vieille dame qui reste accrochée à ses années de « gloire », mais n’arrive pas à nous émouvoir. Aline n’a pas ce qu’il faut pour toucher notre corde sensible.

Si plusieurs séquences et bon nombre de répliques sont fades et sans réelle substance, il y a une phrase qui prend tout son sens en voyant Ma tante Aline. Ce n’était évidemment pas voulu, mais la « vieille jeune » dame campée par Béatrice Picard aurait difficilement pu mieux viser quand elle se rend compte qu’elle est dépassée par son époque. Après avoir essuyé un cuisant échec dans un cours de hip-hop, elle résume à elle seule le film : « J’suis pas vintage pour deux cennes ». Voilà qui est bien dit.

Par Yan Lauzon

Vu en version originale française

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