La Vengeance dans la peau Affiche de film

La Vengeance dans la peau

The Bourne Ultimatum

  • Date de sortie: vendredi 3 août 2007
  • Genre: Action/aventure

  • Réalisateur: Paul Greengrass
  • Producteur: Frank Marshall, Patrick Crowley, Paul L. Sandberg
  • Scénario: Tony Gilroy, Tom Stoppard
  • Studio: Universal Pictures
  • Durée: 1h 51m
  • Site officiel: www.thebourneultimatum.com
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Critique

Trois ans après l'arrivée du film La Mort dans la peau/The Bourne Supremacy, l'évolution (ou même la révolution) du super agent cinématographique se poursuit grâce à Jason Bourne, incarné à nouveau par Matt Damon. Cette fois l'agent amnésique de la CIA tentera de se rendre à la source pour découvrir ses origines.

Lorsqu'un journaliste britannique commence à exposer au grand jour le programme clandestin de la CIA qui a donné naissance à Bourne, ce dernier doit réussir à rencontrer ledit journaliste avant que les services secrets américains ne le fassent taire.

On voyait déjà l'influence du personnage créé par Robert Ludlum dans le plus récent film de James Bond, Casino royale. Cette évolution vers des agents « plus réalistes » avait débuté chez les Américains avec le personnage de Jack Ryan dans le film À la poursuite d'Octobre Rouge. On pourrait même aller jusqu'à dire que le héros moderne plus vulnérable, plus torturé par ses gestes, a commencé quelques années avant Ryan avec un policier new-yorkais du nom de John MacLaine. Peu importe la généalogie, il est clair que Jason Bourne a influencé le James Bond incarné par Daniel Craig est volontairement ou pas, le réalisateur Paul Greengrass souligne cette influence lors d'une scène de combat dans une salle des toilettes très similaire à la séquence d'ouverture de Casino royale.

La principale force des trois films mettant en vedette le personnage de Bourne est leur construction linéaire redoutablement efficace où tout le gras est enlevé pour ne laisser place qu'à l'os et à la viande, si vous me permettez une boiteuse analogie alimentaire. Le film débute dans les minutes qui suivent la fin du second film et il ne ralentit jamais. Son seul défaut, inévitable après trois films, est l'effet de répétition que certains incidents déclenchent. Par exemple, la poursuite en voiture a beau être spectaculaire, elle apparaît tout de même comme de réchauffé.

Matt Damon, Joan Allen et Julia Stiles nous offrent à nouveau des performances sobres, parfaitement dans le ton du film, où les regards disent beaucoup plus que les paroles. Seul David Strathairn manque un peu de subtilité dans le rôle du méchant de services, une faille bien mineure.

Je ne connaissais pas le réalisateur Paul Greengrass avant La mort dans la peau, mais après avoir vu ses trois derniers films (les deux Bourne ainsi que United 93), vous pouvez être certains que je surveillerai le reste de sa carrière. C'est un maître du suspense à la limite de l'endurable, qui ne fait pas de fausse sentimentalité et qui sait diriger ses acteurs. J'ose d'ailleurs espérer qu'on lui a déjà offert de réaliser un film de James Bond ou qu'on le fera dans un proche avenir.

La Vengeance dans la peau termine donc de belle façon une trilogie de thrillers pour adultes, des films d'action qui ne prennent pas les cinéphiles pour des cons et qui ne se sentent pas obligé d'attirer les gens avec des gros noms ou des cascades impossibles. Hollywood, prend note.

Par Nicolas Lacroix
Vu en version originale anglaise

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