Bluff (v.o.f.st.a) Affiche de film

Bluff (v.o.f.st.a)

Bluff (v.f.)

  • Release Date: September 7, 2007
  • Genre: Comedy

  • Director: Marc-André Lavoie, Simon Olivier Fecteau
  • Producer(s): Jean-René Parenteau, Marc-André Lavoie, Simon Olivier Fecteau
  • Writer(s): Marc-André Lavoie, Simon Olivier Fecteau, David Gauthier
  • Studio: Les Films Séville
  • Length: 1h 30m
  • Official Site: www.bluff-lefilm.com
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Critique

Rarement a-t-on vu au Québec une distribution aussi impressionnante pour un film à faible budget. Les chanceux, ce sont les jeunes cinéastes Marc-André Lavoie et Simon Olivier Fecteau qui, pour leur premier long métrage Bluff, ont réussi à obtenir à la fois des acteurs prometteurs et d’autres plus expérimentés. À l’instar de leurs personnages, de manière inattendue et plutôt surprenante, ils se sont vu offrir la chance de donner un grand coup dans leur vie et dans leur carrière. Grâce à une comédie à la fois personnelle, amusante et originale, ils ont réussi à se faire remarquer. Et dire que l’impact aurait été encore plus fort s’ils n’avaient pas succombé à une vilaine tentation…

Alors qu’il s’apprête à démolir un immeuble à logements, l’employé chargé des travaux fait une découverte surprenante et impossible à passer sous silence en ouvrant la trappe du plancher du bâtiment. Lorsqu’il prévient le propriétaire des lieux, ce dernier se montre réticent à l’idée d’alerter les policiers. C’est alors que le passé peu commun des locataires de l’appartement où la découverte a eu lieu refait surface, chacun ayant quelque chose à cacher. Mais qui donc est le responsable de ce coup? Qui avait besoin d’une telle cachette? Et pourquoi? Le mystère plane.

Ce qu’on ne peut reprocher au tandem Lavoie-Fecteau, c’est d’avoir cherché l’originalité. Tant au niveau du scénario que de la mise en scène, on nous offre avec Bluff plusieurs nouveaux éléments à se mettre sous la dent. Seulement, il manque cet élément de suspense lié à la curieuse découverte. Pas d’enquête. Pas de suspect. Que des tranches de vie. Mais sympathiques et pleines d’imagination. On se doit d’apprécier aussi la témérité du duo. Regrouper en un seul appartement la vie de nombreuses personnes aurait pu étouffer le rythme. Ou carrément mener à la claustrophobie si les lieux n’avaient pas été aussi judicieusement maquillés et filmés afin qu’on s’y reconnaisse à peine. De plus, chacune des histoires exerce une certaine fascination. Par leurs préoccupations bien différentes, les locataires de ce même appartement nous ouvrent toute grande la porte de leur petit monde. Sans se douter que leur quotidien tranquille sera bouleversé de façon aussi subite qu’inattendue. Pour notre plus grand plaisir, d’ailleurs.

Mais le plus important, c’est que les deux réalisateurs et scénaristes ont su bien saupoudrer leur film de moments drôles. On ne compte plus les répliques savoureuses bien senties que se balancent allègrement les personnages. Les situations cocasses s’enchaînent à un bon rythme et l’extravagance de certaines scènes ne fait qu’ajouter du mordant à l’ensemble. Bien sûr, certaines péripéties sont quelque peu tirées par les cheveux et il y a des locataires qui semblent davantage sortis de l’univers des bandes dessinées que de la vraie vie, mais c’est aussi ce qui confère aux aventures un cachet rigolo. L’humour particulier a aussi le mérite de ne pas être niais, pas plus que gras.

Par contre, là où le piège était le plus gros et le plus apparent, les deux réalisateurs n’ont pas réussi à l’éviter. Avec tous ces acteurs de renom, la tentation était forte d’offrir à chacun d’entre eux un rôle qui cadre parfaitement avec son casting habituel. Les Rémy Girard, Isabelle Blais, Raymond Bouchard, Julie Perreault, Pierre-François Legendre et autres nous servent ici leurs expressions particulières et reconnaissables entre mille. Les traits de personnalité de leurs personnages s’apparentent beaucoup trop à ce qu’ils ont déjà fait. À quoi la faute? Le scénario, le casting ou tout simplement la direction des acteurs qui n’a pas permis de serrer la vis? Même le réalisateur Simon Olivier Fecteau s’est pris à son propre jeu en faisant son Chick n’ Swell… Et puis, Emmanuel Bilodeau n’avait-il pas été victime d’adultère gracieuseté de David La Haye dans l’intense et profond Un Crabe dans la tête d’André Turpin? Bref, des choix un peu trop faciles.

Cela dit, Bluff est un travail honnête, une rétrospective originale et colorée aux multiples facettes. Ce film a de modestes, mais nobles ambitions : faire rire et divertir. Et il réussit particulièrement bien. L’élément de suspense n’est pas assez étoffé, mais le jeu du mensonge et l’univers rocambolesque et parfois déstabilisant qui y sont présentés rassemblent bien les diverses histoires. Le jeu était bon ; le bluff l’est tout autant.

Par Yan Lauzon

Vu en version originale française

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