Le brise-coeur Affiche de film

Le brise-coeur

The Heartbreak Kid

  • Date de sortie: vendredi 5 octobre 2007
  • Genre: Comédie

  • Réalisateur: Bobby Farrelly, Peter Farrelly
  • Producteur: Bradley Thomas, Ted Field
  • Scénario: Scot Armstrong, Leslie Dixon, Bobby Farrelly, Peter Farrelly, Kevin Barnett
  • Studio: Paramount Pictures
  • Durée: 1h 55m
  • Site officiel: www.heartbreakkidmovie.com
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Critique

La philosophie des frères Farrelly est assez simple : ça passe ou ça casse. Ce que ça donne? Parfois des comédies rigolotes comme There’s Something About Mary/Marie a un je-ne-sais-quoi, mais parfois aussi des films sans tonus comme Me, Myself & Irene/Moi, moi-même et Irène. La plus récente réalisation du tandem, The Heartbreak Kid/Le brise-coeur, se situe à mi-chemin entre ces extrêmes. Grâce à des rebondissements aussi efficaces qu’inattendus et à des scènes franchement entraînantes, les frères Farrelly réussissent souvent à capter notre attention. Par contre, leur vulgarité mal placée et leur superficialité prennent à plusieurs reprises le dessus.

Eddie, 40 ans, supporte difficilement l’idée qu’il est seul. Mais quand il croise par hasard Lila dans la rue et qu’elle le relance jusqu’à sa boutique, il sort le grand jeu. Même s’il ne la fréquente que depuis six semaines et qu’il ignore la véritable nature de cette beauté, il la demande en mariage. Les choses vont malheureusement se compliquer dès la lune de miel. Eddie va très rapidement réaliser qu’il n’a pas épousé la bonne femme et va tomber amoureux de Miranda, en plein voyage de noces. Après une série de mensonges et quelques malentendus, il se dirigera, à nouveau, tout droit vers le célibat. À moins qu’il ne réussisse à réparer les pots cassés…

Non, Bobby et Peter Farrelly ne changeront jamais. Ils sont capables du meilleur comme du pire. Cela dit, malgré une filmographie limitée, on est en droit de se demander s’ils n’ont pas déjà fait le tour du jardin. C’est que les frères Farrelly ont commencé à s’auto plagier. En voyant la Suédoise Malin Akerman jouer Lila, on ne peut s’empêcher de remarquer les troublantes ressemblances avec Cameron Diaz et son personnage de Mary dans There’s Something About Mary, une des toutes premières œuvres du duo. Même chose pour Ben Stiller qui a de nombreux traits de cet homme dépassé par les événements dans ledit film. Et puis, comme à chaque fois qu’ils se retrouvent derrière la caméra, les deux acolytes nous offrent des paysages paradisiaques et des décors qui sont bien souvent superficiels. Ajoutons à cela qu’ils n’hésitent pas à mettre en scène des personnages unidimensionnels, très éloignés de la réalité.

Cela dit, les deux frères n’ont pas perdu leur touche humoristique. S’ils ont compris une chose essentielle à la comédie, c’est que tout est une question de timing. Leurs joyeux drilles sont présentés aux bons moments (il faut voir les mariachis surgir de nulle part avec une bonne humeur inatteignable et des rythmes dansants), leurs blagues sont saupoudrées à bonne dose et ce ne sont pas les éléments de surprise qui manquent. Bref, ils connaissent bien la recette qui a fait leur succès. Ils agrémentent également leur histoire de répliques incisives. Et ce qu’on a trop tendance à oublier, c’est qu’ils sont en mesure d’offrir des scènes touchantes. Pas chargées d’émotions et extrêmement poignantes, non, mais assez attendrissantes pour marquer des points.

Mais, d’une façon ou d’une autre, Bobby et Peter Farrelly finissent inévitablement par prendre les plis de leurs personnages (ou vice-versa) et par sombrer dans la vulgarité. Par des excès qu’on attribue généralement à des débutants, ils poussent trop loin leur désir de créer des moments drôles. Ils ne font jamais dans la dentelle et ils croient peut-être un peu trop en leur capacité à garder notre attention. Leur plus récent film The Heartbreak Kid en est la preuve en étant trop long et irréaliste à plusieurs points de vue. Les deux cinéastes semblent fiers de jouer les rôles de scénaristes, réalisateurs et producteurs, alors pourquoi pas ne pas s’attarder davantage au montage?

Il fut un temps où les frères Farrelly étaient promus à un bel avenir au sommet du box-office. Un temps où ils pouvaient humer le parfum du succès et même rêver de porter un jour la couronne des rois de la comédie. Mais ça, c’était avant. Au début de leur carrière. Rien n’est impossible, dit-on. Sauf que s’ils veulent posséder tout ça un jour, il faudrait que nos deux hommes se retroussent les manches et recommencent à travailler. L’heure de rendre des comptes approche.

Par Yan Lauzon

Vu en version originale anglaise.

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