30 jours de nuit Affiche de film

30 jours de nuit

30 Days of Night

  • Date de sortie: vendredi 19 octobre 2007
  • Genre: Thriller

  • Réalisateur: David Slade
  • Producteur: Robert G. Tapert, Sam Raimi
  • Scénario: Steve Niles, Stuart Beattie, Brian Nelson
  • Studio: Columbia Pictures
  • Durée: 1h 53m
  • Site officiel: www.sonypictures.ca/french/movies/30daysofnight
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Critique

La vague d’adaptations de bandes dessinées, celle qui donne des résultats exécrables (Fantastic Four) et d’autres excellents (V for Vendetta, Sin City), se poursuit avec le « comic book » 30 Days of Night de Steve Niles, une œuvre fort respectée et qui a fait de Niles une sensation quasi instantanée dans le monde de l’horreur. Et pour cause : le concept est à la fois simple et génial. Une horde de vampires sauvages s’abat sur la petite ville de Barlow, Alaska, alors que celle-ci va être plongée dans une nuit perpétuelle pendant 30 jours. Seuls quelques habitants demeurent en ville pendant cette période et une poignée d’entre eux tentent donc de survivre les 30 jours sous l’assaut des vampires. Simple, efficace, économique. Pas étonnant donc qu’on choisisse de l’adapter pour le cinéma, adaptation réalisée par une autre sensation, David Slade, que le méchant petit joyau Hard Candy a révélé aux amateurs de sensations fortes.

Rappelant The Thing de John Carpenter par son décor hivernal et isolé, le film de David Slade reprend à la lettre le concept de la bande dessinée de Niles et s’applique à en présenter les moments forts. Il en tire un film… simple, efficace et économique dont la grande force, outre le concept, est la sauvagerie de ses vampires, bien loin des émasculées créations d’Anne Rice. Les vampires de Niles ressemblent à s’y méprendre à des requins, de leur yeux noirs à leur façon frénétique de déchirer la chair pour se nourrir. Communiquant dans une langue gutturale et se déplaçant de façon très animale, les vampires de ce film sont des créations uniques dans l’histoire du cinéma. Il était plus que temps que le vampire ne redevienne terrifiant et le combo Niles/Slade réussit cet exploit appréciable.

Le réalisateur tire également profit du décor naturel en prenant un plaisir jouissif à contraster le blanc de la neige et les très rouges (et très abondantes) effusions de sang. Cela donne notamment lieu à une épatante séquence aérienne où l’on parcourt les rues de la ville en plein carnage. Si le montage s’avère parfois un peu épileptique et brouillon, l’action reste généralement facile à suivre malgré cette noirceur perpétuelle. Ne vous en faites pas, c’est une des nuits les plus claires que vous verrez au cinéma! Le montage semble vouloir évoquer justement une bande dessinée, ce qui donne parfois des résultats déstabilisants pour le spectateur.

L’acteur qui se fait le plus remarquer est définitivement Danny Houston (Children of Men) dans le rôle de Marlow, chef des vampires. Chacune de ses apparitions donne froid dans le dos. Ben Foster (Six Feet Under) nous offre quant à lui un autre de ces cinglés dont il a le secret avec son rôle de celui qui prépare le terrain pour l’arrivée de la horde. Son air sinistre rejoint très bien celui qu’il arborait dans 3 :10 to Yuma il y a quelques semaines à peine. Du côté des humains, l’impression est moins forte mais ça passe quand même. Josh Hartnett réussit à avoir un peu plus d’expression qu’à son habitude tandis que Melissa George (Amityville version 2005) fait son possible avec un rôle qui aurait pu tomber dans le mélo. Les personnages secondaires représentent à peu près les stéréotypes de ce type de film sans vraiment innover.

La force du film est vraiment d’appliquer et de respecter son concept et cette même simplicité pourrait rebuter certains spectateurs qui aiment plus de chair autour de leur os. Ce n’est pas avec 30 Days of Night qu’ils obtiendront de la profondeur ou des messages. Par contre, via ses effets spéciaux efficaces, ses créatures redoutables, une réalisation appliquée et un décor différent pour ce genre de film, 30 Days of Night redonne ses lettres de noblesses à un monstre édenté depuis des années, pour ne pas dire des décennies. La seule vraie déception est la finale calquée sur celle de Blade 2 mais on imagine qu’elle est dictée par la bande dessinée originale. Oh et peut-être que l’on peut regretter manquer l’efficacité accrue du film s’il avait été lancé en plein hiver!

par Nicolas Lacroix
vu en version française

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