Brume Affiche de film

Brume

The Mist (2007)

  • Date de sortie: vendredi 23 novembre 2007
  • Genre: Horreur

  • Réalisateur: Frank Darabont
  • Producteur: Frank Darabont, Liz Glotzer
  • Scénario: Frank Darabont
  • Studio: Alliance Films
  • Durée: 2h 06m
  • Site officiel: www.themist-movie.com
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Critique

Une chance qu’on l’a, Frank Darabont. C’est le seul cinéaste qui arrive à produire des adaptations de l’œuvre de Stephen King de qualité constante. The Shawshank Redemption, The Green Mile et maintenant Brume. Une chance qu’on a Darabont pour plancher sur ce projet, d’adapter une des nouvelles les plus aimées de King, depuis 13 ans. Brume est la première de ses adaptations à plonger résolument dans l’horreur et le cinéaste effectue la transition sans aucun problème.

Si on parle de Stephen King, on parle d’une petite ville du Maine qui, après un orage particulièrement violent, se retrouve envahie par une brume épaisse, brume qui contient des créatures inconnues et meurtrières. Quelques dizaines de personnes se retrouvent ainsi réfugiées dans un supermarché et incapable de le quitter.

Fans de King et de la nouvelle originale, vous ne serez pas déçus de cette adaptation (sauf peut-être des effets spéciaux, que Darabont voulait délibérément « low tech »). Le scénario de Darabont est excessivement fidèle au récit original, sauf pour la finale (on en reparlera), comme ce fut le cas lorsque Darabont adapta les nouvelles précédentes en scénario. Les situations et même des dialogues entiers sont tirés directement du livre. Parenthèse pour noter le clin d’œil d’ouverture alors que le personnage principal, un artiste du nom de David Drayton, peint une (très belle) affiche de film pour l’adaptation de The Gunsligner, le premier volume de la série La Tour Sombre de King. Adaptation qui n’existe pas encore malheureusement (ou heureusement pour les fans).

Le cinéma d’horreur est un genre souvent malmené, peu ou pas respecté (les films de « torture porn » du genre L’Auberge alimentant les détracteurs) et c’est dommage. C’est dommage car ce snobisme fera passer sous silence deux superbes performances d’acteurs qu’on retrouve dans Brume, soit celle du personnage principal Thomas Jane et surtout celle de Marcia Gay Harden (Mystic River) qui incarne ici Madame Carmody, une croyante fanatique qui s’épanouit au fur et à mesure que la tragédie s’aggrave, comme c’est souvent le cas avec les fanatiques de tout ordre. Les acteurs secondaires sont également excellents, incluant un petit garçon joué par Nathan Gamble (Babel) qui, pour une fois, réagit en petit garçon. Des performances de haut calibre donc, qu’on ne s’attend pas nécessairement à retrouver dans des films d’horreur.

D’ailleurs, il faut mentionner que ce film est autant un drame humain qu’un film de « bibittes ». Encore plus pertinent aujourd’hui qu’en 1980 lorsqu’il fut publié, le récit examine comment les gens réagissent lorsqu’ils ont peur, comment la nature sauvage de l’humain prend le dessus lorsqu’il se sent en danger ou qu’il est terrifié. Une analogie qui pourrait s’appliquer au peuple américain complet depuis le 11 septembre 2001.

À la finale ambigüe de la nouvelle, le cinéaste et scénariste substitue la finale la plus audacieuse d’un film hollywoodien depuis des années. Elle vous restera longtemps en tête. Le film de Darabont fait son point de façon implacable : les monstres les plus meurtriers ne sont pas dans la brume…

par Nicolas Lacroix
vu en version originale anglaise

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