Maintenant ou jamais Affiche de film

Maintenant ou jamais

The Bucket List

  • Date de sortie: vendredi 11 janvier 2008
  • Genre: Drame

  • Réalisateur: Rob Reiner
  • Producteur: Alan Greisman, Craig Zadan, Neil Meron, Rob Reiner
  • Scénario: Justin Zackham
  • Studio: Warner Bros. Pictures
  • Durée: 1h 37m
  • Site officiel: thebucketlist.warnerbros.com
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Critique

Plus les années passent, plus on a l’impression que Morgan Freeman et Jack Nicholson veulent jouer des personnages qui leur plaisent vraiment, dans lesquels ils sont à l’aise d’entrée de jeu, peu importe le contexte. Comment les blâmer? Et puis, cela n’enlève rien au fait que ces deux grands acteurs - âgés de 70 ans – ont chacun une carrière parsemée de succès. Chose certaine par contre, on a toujours cette forte impression qu’ils porteront une production sur leurs épaules et qu’ils élèveront toujours leur film au rang de bonne production. Avec leur réputation viennent inévitablement des attentes que, malgré toute la bonne volonté au monde, le scénario de leur nouvelle comédie The Bucket List/Maintenant ou jamais ne leur permet pas de remplir complètement.

Sur le point de faire l’amour à sa femme, le mécanicien Carter Chambers (Freeman) s’écroule sur le tapis de sa chambre. Presqu’au même moment, le milliardaire Edward Cole (Nicholson), en plein procès, commence à cracher du sang. Les deux hommes se retrouvent alors dans une chambre d’hôpital, l’un à côté de l’autre. À quelques heures d’intervalle, ils apprendront que leur vie tire à sa fin : ils leur reste moins d’un an à vivre, s’ils sont chanceux. D’abord consternés par cette terrible nouvelle, ils choisiront d’ignorer le triste sort qui les guette en partant à l’aventure afin de réaliser les choses qui leur tiennent le plus à cœur.

En quelques secondes seulement, non pas une, mais deux vies peuvent basculer, tourner au drame et se diriger vers une mort certaine. C’est avec deux scènes éloquentes que la comédie The Bucket List/Maintenant ou jamais se met véritablement en branle. Un constat coup de poing : la vie ne tient qu’à un fil. Malheureusement, il faudra attendre jusqu’à la toute fin du film pour qu’on retrouve des émotions comparables. Plusieurs moments font sourire, mais rien ne provoque de francs éclats de rires. On parle ici d’une comédie inoffensive, légère, mais la plupart du temps sympathique. Pas de compétition malsaine entre les personnages, mais rien non plus qui surprend, qui déstabilise. Aucune trace d’inusité. Absence aussi de scènes qui permettrait de s’emballer outre mesure.

Qu’on le veuille ou non, la question est inévitable : qui est le meilleur, Nicholson ou Freeman? Le débat pourrait prendre des heures, voire des jours. Mais dans la comédie de Rob Reiner, la palme revient à Freeman. Sans grandes envolées gestuelles et lyriques, ce dernier joue avec un ton plus juste. Son attitude est moins dynamique, certes, mais ses réactions sont davantage sincères, encore mieux senties que celles de son partenaire. Sans être son meilleur rôle à vie, Jack Nicholson livre tout de même une prestation honnête, intense et assez… vigoureuse. Le goût prononcé de son personnage pour les sensations fortes et le luxe lui donnent bien évidemment un pouvoir et une confiance quasi inébranlables. La chimie entre Nicholson et Freeman vaut quant à elle le détour, les deux hommes prenant un plaisir évident dans leur grande aventure, notamment lorsqu’il est question de parachutisme et course automobile.

Le scénariste Justin Zackham n’a encore rien prouvé à Hollywood. Et malgré un prévisible succès au box-office avec cette production, ce n’est certes pas sa nouvelle histoire qui fera en sorte qu’on se souviendra de lui longtemps. Truffé de bons sentiments, d’une grande morale et d’excentricités calculées, le scénario est très linéaire et parfois un peu simpliste. Sans être inintéressant, il manque ces moments intenses qu’on ne peut oublier. Parachutisme, course automobile, contemplation des pyramides ; les péripéties sont nobles, mais aussi communes. Bref, rien pour marquer la mémoire. Quoique Rob Reiner n’a pas non plus aidé Justin Zackham en rendant la plupart des situations ordinaires, se contenant d’être un simple spectateur à la vue de ce périple. Oubliez la touche de folie.

Pour reprendre le sujet du film, ce n’est pas The Bucket List/Maintenant ou jamais qu’il faut inscrire sur sa liste des longs métrages à voir absolument. Il y a un côté divertissant au résultat et plusieurs y trouveront certainement leur compte. Freeman et Nicholson n’ont pas perdu le goût de jouer et ils ne s’arrêteront pas de sitôt. Aucun drame, donc, à attendre leur prochaine sortie pour les retrouver.

Par Yan Lauzon

Vu en version originale anglaise.

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