Cloverfield (v.f.) Affiche de film

Cloverfield (v.f.)

Cloverfield

  • Date de sortie: vendredi 18 janvier 2008
  • Genre: Thriller

  • Réalisateur: Matt Reeves
  • Producteur: Bryan Burk, J.J. Abrams
  • Scénario: Drew Goddard
  • Studio: Paramount Pictures
  • Durée: 1h 24m
  • Site officiel: www.cloverfieldmovie.com
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Critique

Un avertissement avant de commencer : Cloverfield est tourné du début à la fin caméra à l’épaule, par un « amateur » avec une caméra vidéo. Donc si les images en mouvement constant vous donnent le mal de mer, oubliez Cloverfield. Voilà. La portion « service public » de cette critique est terminée. Cloverfield, nom de code d’un incident qui est le sujet du film, est le plus récent projet du chouchou d’Hollywood J.J. Abrams, créateur des séries Felicity et Alias, producteur de Lost, réalisateur de Mission : Impossible 3 et en plein tournage de B>Star Trek, réinvention de la série à succès. La portion C.V. de cette critique est maintenant terminée. Donc Cloverfield est un concept de Abrams, qu’il a produit tout en laissant la réalisation à son comparse Matt Reeves. L’idée d’Abrams : pourquoi pas faire un film de monstre géant du style Godzilla mais vu par les gens qui courent constamment dans ce genre de film?

Le film débute comme un épisode d’une série pour ados du genre The O.C. avec une soirée new-yorkaise plein de beaux jeunes gens organisée pour Rob, un jeune homme qui quitte pour le Japon le lendemain (haha). La soirée est interrompue par un vacarme d’enfer et une secousse violente. Hud, qui filmait justement la soirée comme souvenir pour Rob, capte la fuite du quatuor principal alors qu’une créature gigantesque attaque New York.

Impossible en 2008 de lancer un film « de monstre » de ce genre autrement que de la façon conçue par Abrams et le scénariste Drew Goddard (Lost). Leur concept à la fois simple et génial s’avère d’une efficacité redoutable. Tout est tourné via le point de vue objectif de la caméra de Hud, ce qui permet une vision terrifiante de destruction submergeant la ville et ses habitants. Ce procédé permet également à Reeves et ses acolytes de tourner des séquences de destructions massives avec peu de moyens puisque nous ne voyons jamais plus que ce que la caméra vidéo de Hud nous montre. Il s’agit vraiment d’une réalisation impressionnante au niveau technique et au niveau planification. Impossible également de ne pas penser au 11 septembre à chaque fois que l’on voit New York dévastée et une foule fuyant un nuage de poussière.

Le seul aspect décevant du film est au niveau du choix des acteurs, de la façon dont ils sont dirigés et des réactions que le scénario leur impose. Tout est beaucoup trop « ados », du nombrilisme des personnages principaux à leur manque de réaction face à la mort de leurs proches. On est plus dans le téléroman que dans un film d’épouvante. Si les humains sont habituellement accessoires dans les films de ce genre, ici tout est vu de leur perspective et ils sont essentiels pour le réalisme mais ne sont malheureusement pas à la hauteur.

Il est essentiel de voir Cloverfield en salle. Le travail au niveau sonore est fabuleux et responsable de 75% de l’efficacité du film et à la maison, à moins d’avoir un très large écran, la caméra vous enlèverait tout plaisir. Donc, si la promotion entourant Cloverfield vous laissait croire à un mélange entre Godzilla et Blair Witch Project, sachez que c’est EXATEMENT ça. Pris ainsi, le film satisfait pleinement mais il ne faut pas chercher plus.

par Nicolas Lacroix
vu en version originale anglaise

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