Course à la mort Affiche de film

Course à la mort

Death Race

  • Date de sortie: vendredi 22 août 2008
  • Genre: Action/aventure

  • Réalisateur: Paul W.S. Anderson
  • Producteur: Jeremy Bolt, Paul W.S. Anderson, Paula Wagner
  • Scénario: Paul W.S. Anderson
  • Studio: Universal Pictures
  • Site officiel: www.deathracemovie.net
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Critique

Certains acteurs savent se défendre. Le lieu, le contexte et l’environnement dans lesquels ils évoluent leur importent peu, voire pas du tout. Le Britannique Jason Statham est un de ceux-là. Depuis le début de sa carrière il y a dix ans, on l’a toujours mêlé à l’univers du crime. L’action, il semble en manger matin, midi et soir. Au volant, dans un prison ou dans une banque, le résultat est identique : il sait comment faire régner sa loi. Et ce ne sont pas des courses de voitures, aussi violentes soient-elles, qui vont l’empêcher d’avancer. Si, bien souvent, il tient la vedette de films extravagants et impossibles comme c’est le cas de Death Race/Course à la mort, on ne pourra par contre pas l’accuser de ne pas livrer la marchandise.

Pour un crime qu’il n’a pas commis – en l’occurrence le meurtre de sa petite amie – Jensen Ames est envoyé dans un pénitencier administré par des gens assoiffés de pouvoir et d’argent. Dès son arrivée, on lui propose un marché difficile à refuser : en participant à des courses de voitures sans pitié, il peut regagner sa liberté. Une seule condition : il doit remporter la compétition… tout en restant en vie. À bord d’un super bolide modifié (véritable char d’assaut sur quatre roues), il devra éliminer ceux et celles qui se dressent sur sa route.

Sans être fracassante, la filmographie de Jason Statham contient quelques œuvres intéressantes. On ne peut par contre pas en dire autant du réalisateur Paul W.S. Anderson qui s’enlise un peu plus chaque année. Fidèle à ses récentes expériences, il a une fois de plus décidé de jouer au scénariste, au cinéaste et de se faire plaisir. Il vaudrait donc mieux offrir à son cerveau un repos avant de regarder ce film. Toutefois, il faut avoir le cœur solide, car les concurrents redoublent d’ingéniosité afin d’éliminer leurs adversaires. Ça cogne dur. La montée de cette violence excessive et gratuite ne mène cependant pas à grand-chose. Elle s’apparente étrangement à celle d’un jeu vidéo où le seul but est de mettre fin aux jours du plus grand nombre de criminels. Des corps transpercés, des cerveaux qui explosent, du sang qui gicle ; le cocktail est complet, mais parfois indigeste. Pourtant, on ne ressent pas l’urgence de la situation.

Relecture de Death Race 2000, un film de 1975, Death Race/Course à la mort est un long métrage hyper violent, bourré de gros egos et dont le mandat premier est de livrer le plus d’action (crédible ou non là n’est pas la question) possible, la pédale bien au plancher. La testostérone, la vitesse et les combats forment ici un mélange corrosif et explosif. Une fois le pied mis dans l’engrenage, on est en droit de s’attendre à une ballade sanglante du tonnerre. Et ça brasse. Ici et là ça explose, là-bas ça tire et de l’autre côté ça défonce. Un vrai derby de démolition. Ce n’est pas le temps de se lancer dans les débats philosophiques. Si les images sont léchées, le scénario maigrichon ne s’enfarge pas dans les détails ou la subtilité. L’action est la seule priorité.

À la distribution de 1975 notamment composée de David Carradine et Sylvester Stallone, on a préféré Jason Statham, Tyrese Gibson, Joan Allen et Ian McShane. Sans dire qu’ils crèvent l’écran et qu’ils réussissent à amener leurs personnages beaucoup plus loin que ce que le maigre scénario leur offre, ces acteurs offrent une performance honnête. Surveillés par une caméra nerveuse, pressés par une musique tonitruante et des scènes d’action qui s’enchaînent à vive allure et qui tiennent bien souvent du miracle, ils n’ont régulièrement que quelques secondes pour justifier leur présence. On est loin de la situation idéale. Et puis, il ne faut pas chercher d’autre sens aux dialogues qu’ils prononcent. Tout est là : la force et la bêtise des hommes.

Tourné en partie dans le Vieux-Port de Montréal, Death Race/Course à la mort n’est pas le genre de film dont on se souvient très longtemps. Trop d’importance au contenant, pas assez au contenu. Or si le manque d’humour fait défaut (tout comme certains autres éléments), l’ensemble ne fait pas de fausses promesses. On propose un long métrage d’action, avec ce qu’il faut d’action pour rassasier les amateurs. On veut divertir : on y parvient en partie. Peut-être, par contre, que si le réalisateur Paul W.S. Anderson pouvait se trouver un scénariste émérite, on aurait pour une fois droit à quelque chose de senti et, surtout, de sensible.

Par Yan Lauzon

Vu en version originale anglaise.

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