La guerre des mariées Affiche de film

La guerre des mariées

Bride Wars

  • Date de sortie: vendredi 9 janvier 2009
  • Genre: Comédie

  • Réalisateur: Gary Winick
  • Producteur: Alan Riche, Julie Yorn, Kate Hudson, Peter Riche
  • Scénario: Greg DePaul, Casey Wilson, June Diane Raphael
  • Studio: Alliance Vivafilm
  • Durée: 1h 29m
  • Site officiel: www.bridewars.com
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Critique

Y a-t-il quelque chose de plus important, de plus significatif et de plus excitant pour les femmes que le mariage? Y a-t-il quelque chose qui se doit d’être aussi parfait que cette journée où il sera possible pour une femme d’épouser son prince charmant? En tout cas, pas pour Live et Emma, les deux héroïnes de la comédie Bride Wars/La guerre des mariées qui sont prêtes à tout pour que la célébration tant attendue ait lieu selon leurs moindres désirs. Malheureusement, elles apprendront que tout ne peut pas toujours être parfait. Le cinéphile, lui, n’apprendra par contre pratiquement rien, ayant vu ces plans et entendu un récit de la sorte à maintes reprises.

Depuis qu’elles sont petites, Liv (Kate Hudson) et Emma (Anne Hathaway) sont les meilleures amies et rêvent qu’on les demande en mariage. Quand l’amoureux d’Emma le fait, Liv ravie mais envieuse, court voir son homme afin de savoir pourquoi il n’a toujours pas fait de même. Après avoir elle aussi reçu sa bague, les deux copines se rendent au Plaza Hotel de New York afin de réserver les dates de leurs mariages. Comble de malheur, une erreur survient lors des réservations et les deux copines sont forcées de se marier le même jour et, de surcroît, à la même heure. À moins qu’une des deux accepte de repousser l’heureux événement à l’an prochain, de changer de lieu… ou se voit dans l’obligation d’annuler.

Bride Wars/La guerre des mariées est d’abord et avant tout un flash-back dans les années 1980. Une époque à laquelle il était encore bien vu (souhaitable?) de porter la robe de sa mère à son mariage. À laquelle on pouvait encore pondre des scénarios un peu quétaines, avec beaucoup trop de bons sentiments et une morale comme dans les livres de contes. À laquelle réaliser un film prenait peut-être un peu moins d’imagination qu’aujourd’hui pour contenter. Eh bien le cinéaste Gary Winick a tout fait pour y retourner. S’il a bêtement tenté de nous faire croire que l’histoire se déroulait dans les années 2000, il faut bien plus qu’un téléphone Blackberry de modèle récent pour nous en convaincre. La direction photo et l’esthétisme de l’ensemble (pourquoi présenter des plans à la manière de photos?) nous ramènent inévitablement plus de vingt ans en arrière.

Impossible histoire proposant des tours pas bien méchants (allez, prends du poids avec des gâteries et tu ne rentreras plus dans ta robe!), le récit de cette nouvelle comédie romantique aurait pu donner de belles choses si les actions avaient été un tantinet méchantes. Et non, de la teinture pour cheveux bleue, ce n’est pas mesquin. Malgré tout, si le sujet est peu inspiré et les relations amoureuses communes, les messieurs, quoique peu utilent, s’en sortent plutôt bien. Une mention honorable à Bryan Greenberg dont le personnage n’est nullement stressé par la situation qui dégénère. Justement, on aurait aimé une véritable bataille avec des coups qui font mal plutôt qu’une simple querelle entre amies.

Visiblement la future mariée la plus sensible des deux, Anne Hathaway est celle qui s’en sort le mieux. Pas indemne, mais pas maladroitement comme Kate Hudson, carriériste obsédée par l’idée qu’elle doit réussir dans toutes les sphères de sa vie tout en n’étant à peu près pas touchante. Si la chimie n’est pas le point le plus fort de leur union, ce n’est pas là que le bas blesse pour les deux actrices. C’est plutôt qu’il est difficile pour elles d’habiter des personnages mous comme ceux qui leur ont été confiés. Et puis, disons qu’il est bien loin le temps où Kate Hudson avait encore toute sa naïveté et qu’elle campait de façon juste une groupie pour l’excellent film de Cameron Crowe Almost Famous/Presque célèbres.

On croit souvent à tort qu’à deux c’est mieux. Or dans Bride Wars/La guerre des mariées, il aurait pu y avoir plus de deux couples qui se marient en même temps et plus de deux jeunes femmes qui s’affrontent, mais le résultat aurait fort probablement été identique à celui-là. La qualité doit primer sur la quantité. À trop vouloir poser du glaçage sur du gâteau, ça ne finit que par goûter le sucré. On a beau avoir des acteurs attentionnés, un propos pas dérangeant du tout et certains gags qui arrivent à point, il faut savoir se servir des nouvelles tendances, tout en ajoutant du piquant et du mordant si on veut créer des effets. Cela dit, Hollywood devrait prendre des notes.

Par Yan Lauzon

Vu en version originale anglaise.

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