L'international Affiche de film

L'international

The International

  • Date de sortie: vendredi 13 février 2009
  • Genre: Thriller

  • Réalisateur: Tom Tykwer
  • Producteur: Charles Roven, Lloyd Phillips, Richard Suckle, Steve Chasman
  • Scénario: Eric Warren Singer
  • Studio: Columbia Pictures
  • Durée: 1h 58m
  • Site officiel: www.sonypictures.ca/french/movies/theinternational/
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Critique

Ah, l’envie irrésistible de révéler au grand jour un énorme complot, de démasquer une puissante organisation criminelle, de faire régner la morale et la justice… Certains ne peuvent tout simplement pas résister à l’appel. L’appât du gain est trop important pour laisser filer une affaire de ce genre. Mais ce que plusieurs réalisateurs oublient – l’Allemand Tom Tykwer fait partie de ceux-là -, c’est qu’il faut absolument une intrigue digne de ce nom, avec du rythme et des protagonistes qui ont un semblant de charme. Car ce n’est pas seulement avec l’appui de deux acteurs motivés et convaincants qui nous font voyager qu’un film est une réussite. Non. Dans ce cas, ça donne plutôt The International/L’international.

Rédigé par Eric Singer, le récit de ce long métrage s’articule autour de l’agent d’Interpol Louis Salinger (campé par Clive Owen) et de l’assistante du procureur de la ville de Manhattan Eleanor Whitman (jouée par Naomi Watts) qui font équipe afin que soit traduite en justice l’une des institutions financières les plus puissantes au monde. Prêts à parcourir le continent européen afin de trouver ne serait-ce qu’un témoin voulant dénoncer son employeur, Salinger et Whitman se rendront bien vite compte que de trouver des gens acceptant de collaborer est une chose, mais de les garder en vie en est une autre.

Quiconque peut imaginer que parmi les hauts dirigeants des sociétés les plus lucratives de la planète se cachent des criminels. Que les habits, les cravates et les titres prestigieux ne sont que des façons parmi tant d’autres servant à camoufler des actions répréhensibles aux yeux de la loi. Cependant, il faut beaucoup plus qu’un important trafic d’armes et une institution financière débordant de gens corrompus pour qu’un récit laisse sa marque. Il faut une intrigue mieux fignolée, avec des actions et des réactions crédibles, des personnages secondaires ayant une couleur propre et, bon sang, du rythme. Il faut, d’une manière ou d’une autre, dynamiser le tout lorsqu’on s’attaque à un thriller. Et ici, ça fait cruellement défaut.

Heureusement, Clive Owen et Naomi Watts ont décidé de plonger tête première dans l’aventure. Ont choisi d’y mettre leurs tripes. De jouer à fond la carte de l’intensité. De tout miser sur l’aspect professionnel de leur boulot. C’est d’ailleurs l’unes des seules raisons pourquoi le thriller dramatique The International/L’international ne sombre pas dans l’ennui le plus complet. Passionnés par leur emploi, les deux acolytes confèrent à l’ensemble un certain équilibre. Ils offrent une dose de sincérité dans un univers où beaucoup trop d’éléments sonnent faux. Habitué à jouer les fiers-à-bras et à manier les armes de poing, Owen est solidement appuyé par Watts dont les implications dans ce genre cinématographique se comptent sur les doigts d’une main. Et pourtant, elle dispose de toutes les qualités nécessaires pour contribuer.

Mettant généralement en images ses propres scénarios, Tom Tykwer s’est laissé convaincre par une histoire qui n’était pas la sienne. Pourtant, sa démarche créatrice par le biais de laquelle il agit bien souvent à titre de scénariste et de réalisateur a, à maintes reprises, porté des dividendes. À preuve, en 1998, il a créé Lola rennt/Cours, Lola, cours, un long métrage qu’il a trimbalé avec succès dans différents festivals et qui a bénéficié d’une sortie sur des écrans de nombreux pays. Or, la décision qu’il a prise de se retrouver uniquement derrière la caméra pour ce plus récent film aurait été moins vaine s’il s’était au moins laissé aller à quelques excentricités. Sa réalisation dispose de quelques bons flashs (il sait comment provoquer des réactions lorsque ses personnages se font frapper), mais il ne semble avoir pris aucune liberté. Jamais son travail ne donne le ton aux scènes. Jamais il ne déstabilise.

Qu’ils soient en anglais, en français, en italien ou en allemand, les dialogues de The International/L’international manquent de vigueur et sont souvent ennuyeux. Reste certaines images qui bien réussies, un choix audacieux que celui d’installer une sanglante fusillade dans le musée Guggenheim à New York et la fin que pourront certes apprécier des cinéphiles qui sont se lassés depuis longtemps des dénouements. Mais, somme toute, on se rend vite compte que c’est là beaucoup de bruit pour pas grand-chose.

Par Yan Lauzon

Vu en version originale anglaise.

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