Hidalgo (v.f.) Affiche de film

Hidalgo (v.f.)

Hidalgo

  • Date de sortie: vendredi 5 mars 2004
  • Genre: Action/aventure

  • Réalisateur: Joe Johnston
  • Producteur: Casey Silver
  • Site officiel: hidalgo.movies.go.com/
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Critique

Bon bien voilà qu'Hollywood nous balance une autre 'histoire vraie' qui n'est pas vraie, cette fois sous la forme de Hidalgo, basé sur la vie de Frank T. Hopkins, un des derniers cow-boys américains et protecteur des mustangs (les chevaux, pas les voitures). Hidalgo se veut plus film familial que drame historique cependant, et nous reviendrons sur la véracité potentielle du film.

Si l'on se fie au film, Hopkins est le soldat qui a livré l'ordre d'exécution des Indiens à Wounded Knee, massacre historique perpétré par l'armée américaine. Écoeuré par cet acte, Hopkins boit pour oublier et perd son temps à participer au spectacle de Buffalo Bill recréant 'l'ouest sauvage' (levez la main ceux qui reconnaissent les similitudes avec Le dernier samouraï). En 1890, à l'invitation d'un cheik, Hopkins traverse l'océan pour prendre part à une course de 3000 miles ( 4800 kilomètres) à travers le désert. Hopkins y opposera son mustang Hidalgo aux 100 meilleurs chevaux pur sang d'Arabie. Chemin faisant, Hopkins et Hidalgo seront confrontés à une tempête de sable, la sécheresse du désert, des bandits, des tricheurs, la fille rebelle du cheik et plus encore. Tellement, en fait, que le scénariste John Fusco (Young Guns, Stallion: Spirit of the Cimarron) en oublie souvent la course!

Hidalgo commence comme Il danse avec les loups, s'annonce comme Seabiscuit et aspire à Laurence d'Arabie mais n'a ni les moyens, ni l'inspiration pour arriver à la cheville de ces films. Le scénario débordant de clichés multiplie les difficultés artificielles au lieu de simplement se concentrer soit sur la course, soit sur les aventures du cow-boy. Cet éparpillement suce tout intérêt que nous pourrions avoir pour l'une ou l'autre des péripéties de Hopkins et son cheval. C'est Tintin au pays des cheiks sans le charme du Capitaine Haddock.

Et ce ne sont pas les efforts de Viggo Mortensen ou d'Omar Sharif qui réussissent à garder notre intérêt. Plus laconique que Lucky Luke, moins tridimensionnel que l'homme sans nom d'Eastwood, le Frank Hopkins du film est un émule de John Wayne, du temps où les hommes parlaient plus avec leurs poings qu'avec leur bouche et communiquaient mieux avec leur cheval qu'avec les autres humains. Mortensen fait bien ce qu'il peut avec le scénario sans profondeur et la direction lâche de Joe Johnston (Le parc jurassique 3) mais c'est peine perdue.

Venons-en à la véracité du film: c'est Frank Hopkins lui-même, dans ses mémoires, qui prétend avoir participé à cette course. Les historiens s'entendent pour dire qu'il n'existe absolument aucune trace d'une telle course dans cette région d'Arabie, ni d'un lien entre Frank Hopkins et Buffalo Bill Cody. Dans son livre, Hopkins prétend même avoir rencontré d'autres légendes dont Billy The Kid et Geronimo. Difficile de croire qu'on a pu le prendre au sérieux.

Mais au-delà du bien fondé de l'histoire derrière le film, Hidalgo est trop long, sans surprise et majoritairement ennuyant. C'est dommage pour Mortensen et Sharif, qui méritent tous deux de meilleurs véhicules. Chose certaine, après le film, vous aurez aussi l'impression d'avoir parcouru chacun… des… 3000… pénibles… miles de cette supposé course à travers le désert où le mirage ultime est le film lui-même.

par Nicolas Lacroix
vu en version originale anglaise

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