Le Punisher: les liens du sang Affiche de film

Le Punisher: les liens du sang

The Punisher

  • Date de sortie: vendredi 16 avril 2004
  • Genre: Action/aventure

  • Réalisateur: Jonathan Hensleigh
  • Producteur: Avi Arad, Gale Anne Hurd
  • Durée: 2h 04m
  • Site officiel: www.punisherthemovie.com
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Critique

Si vous êtes de ceux qui suivez régulièrement l’actualité cinématographique, vous vous rappelez possiblement la première bande-annonce pour The Punisher, celle qui donnait l’impression d’un très mauvais film? Puis vous souvenez-vous de la seconde, quelques semaines plus tard, bien meilleure et qui redonnait espoir? Eh! bien fallait se fier à la première. The Punisher représente tout ce qu’on peut détester des adaptations de bandes dessinées.

Frank Castle est un policier qui travaille sous couverture. Il a promis à sa femme que cette affaire serait sa dernière et qu’il prendra ensuite un poste de bureau à Londres, loin des dangers qui les ont suivis depuis toujours. Mais voilà, le fils d’un puissant criminel est tué dans l’affaire et ce criminel, Howard Saint, jure vengeance. Sa famille assassinée, la police ne faisant rien, Frank Castle décide de se faire justice lui-même et de punir les coupables.

Croulant sous les clichés, scénario ridicule d’un bout à l’autre (même en considérant que nous parlons d’un personnage de « comic book ») et des séquences d’actions rares et sans aucune tension, The Punisher échoue sur absolument toute la ligne et fera rigoler, certes, mais pour les mauvaises raisons.

En fait, lorsque vous aurez vu le générique plutôt bien pensé, vous pouvez quitter la salle, vous avez vu la meilleure partie du désastre réalisé par Jonathan Hensleigh. Suivent 90 minutes de mise en place pour 15 minutes d’action, totalement dérivative elle aussi. Le film copie The Crow, Daredevil, A Man Apart (un autre désastre à part entière) et des centaines d’autres films. En fait, il n’y a pratiquement pas d’histoire dans The Punisher et le peu qu’il y a vient d’autres sources.

Pourtant, on étire, on complique artificiellement (et de façon idiote), on bouche les trous tant bien que mal (surtout mal) et il en résulte un film beaucoup trop long et totalement vide. Car en plus de ses nombreux autres défauts, The Punisher garde son héros, le Punisher, la raison pour laquelle le spectateur s’est déplacé, hors de l’action pendant la majorité du film. En fait, pris au pied de la lettre, le Punisher n’apparaît qu’une seconde dans ce film, à la toute fin. C’est un problème tragique pour un film censé mettre en vedette le personnage de la bande dessinée.

Franchement, on se demande ce que Marvel a pensé de laisser sortir ce produit qui ne mérite pas mieux que la version originale du film, tournée en 1989 avec ce grand adepte de la Méthode de Strasberg qu’est Dolph Lundgren. Croyez-le ou non, le film avec Lundgren était plus fidèle au personnage de Punisher que cette horreur. C’est tellement ringard qu’on en fini par se demander si Hensleigh, scénariste de Jerry Bruckheimer qui signe ici sa première réalisation, ne fait pas exprès pour rendre son film ridicule. Les mauvais « one-liners », le coup de tonnerre bien placé, les voisins de pallier tirés tout droit d’un mauvais sitcom américain, tout y est.

Les acteurs se révèlent à la hauteur du scénario (également signé par Hensleigh) donc se prenant trop au sérieux mais s’avérant en bout de ligne plutôt ridicule. Thomas Jane hésite constamment entre jouer de façon sérieuse ou tout tourner à la blague. John Travolta commence bien mais fini par livrer une de ses performances maniérées. Les personnages secondaires ne valent pas la peine qu’on s’y arrête.

Le personnage de Frank Castle mentionne lors de sa narration finale que « ceci n’est pas de la vengeance, c’est une punition ». J’ose croire qu’il parle du film lui-même. Si vous êtes en soif de vengeance ce week-end, voyez donc Kill Bill vol.2.

par Nicolas Lacroix
vu en version originale anglaise

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