Camping sauvage Affiche de film

Camping sauvage

Camping sauvage

  • Release Date: July 9, 2004
  • Genre: Comedy

  • Director: André Ducharme, Guy A. Lepage, Sylvain Roy
  • Producer(s): Lyse Lafontaine, Tony Roman
  • Writer(s): Luc Déry, André Ducharme, Yves Lapierre
  • Studio: Alliance Atlantis Vivafilm
  • Length: 1h 40m
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Critique

Camping sauvage était un film attendu pour plusieurs raisons. Il s'agit d'abord du passage au grand écran de Guy A. Lepage, un succès incontesté du petit. De plus, il s'agit d'une réunion non officielle de RBO (Rock et Belles Oreilles pour la poignée de non-initiés) puisque quatre des membres sur cinq y figurent. Attendu finalement parce qu'au Québec, on les aime, nos comédies. Bonnes ou mauvaises. Dépendant de vos attentes, Camping sauvage satisfera, ou pas.

Pierre-Louis Cinq Mars est un yuppie pédant, un bonhomme suffisant et insupportable qui a un jour le malheur d'être témoin d'un accident de la route impliquant un motard. Appelé à témoigner, Pierre-Louis devra se cacher au Camping Pigeon en attendant le procès. Un policier est chargé de sa protection mais les choses se compliquent lorsque Pierre-Louis découvre l'inattendue âme sœur en la personne de Jackie Pigeon, propriétaire du camping.

Éclaté et contemporain, Camping sauvage se réclame du cinéma résolument moderne et imaginatif, du moins au niveau de l'emballage visuel et sonore. De l'original générique à la superbe musique de Ramasutra (vous essaierez de vous enlever le thème de la tête après avoir vu le film pour voir!), Camping sauvage affiche clairement son heureuse intention de nous surprendre par sa mise en scène et y réussit. Ce n'est qu'au niveau du scénario et de l'interprétation que le film déçoit un peu.

Guy A. Lepage est un gars fort intelligent, plein de verve et de perspicacité. On se surprend donc qu'il n'ait pas pris conscience immédiatement de ses limites comme 'acteur' et qu'il n'ait pas laissé le rôle crucial de Pierre-Louis à quelqu'un d'autre. Le film a peine à se remettre de sa performance maniérée et artificielle. Cela ne lui enlève rien de ses nombreuses qualités mais dans Camping sauvage, Lepage est, pas d'autre façon de le dire, nul. Le contraste est encore plus frappant du fait qu'il partage la majorité de ses scènes avec la pro Sylvie Moreau, aussi à l'aise dans la comédie qu'un poisson dans l'eau du lac artificiel. Lepage ne réussit à générer un peu de chimie qu'avec le chien du film. C'est l'écueil majeur du film, mais majeur il est puisque l'on parle du personnage principal.

Moreau sauve cependant la mise à plus d'une reprise tout comme les acteurs et humoristes qui composent la bande de losers des 'Wanna Bees', des motards incompétents que Pierre-Louis rencontre au camping. Chapeau également à Benoît Girard, qui sait être tordant et émouvant à la fois (bon, ok, surtout tordant) dans le rôle du père Pigeon. J'ai malheureusement trouvé Yves Pelletier, dont la seule présence me fait crouler de rire, sous-utilisé. Il en va d'ailleurs de même pour les autres gars de RBO, qui ne font que de courtes apparitions (mais souvent marquantes, disons-le).

Si le scénario, crédité à Lepage, Luc Déry et Yves Lapierre, manque parfois de mordant, il comporte assez d'invention, de clins d'oeils et d'excentricités pour maintenir l'intérêt, même pendant les moments moins drôles (et il y en a). Pour chaque moment convenu, un petit inattendu nous est envoyé qui fait sourire sinon esclaffer tout fort. De toute façon, le film comporte assez de styles différents (trop peut-être) pour plaire à un large public, sans pour autant amuser autant que la prémisse et l'équipe derrière le film ne le promettent. Camping, certes. Sauvage, pas tout à fait assez.

par Nicolas Lacroix
vu en version originale française

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