C.R.A.Z.Y. Affiche de film

C.R.A.Z.Y.

C.R.A.Z.Y.

  • Date de sortie: vendredi 27 mai 2005 (limité)
  • Genre: Drame

  • Réalisateur: Jean-Marc Vallée
  • Producteur: Jacques Blain, Pierre Even
  • Scénario: Jean-Marc Vallée, François Boulay
  • Studio: TVA Films
  • Durée: 2h 09m | Classification: 13+
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Critique

10 ans après Liste Noire, le réalisateur Jean-Marc Vallée nous revient avec un film personnel (il co-signe le scénario et produit, en plus d’y tenir un petit rôle), trempé dans notre mémoire collective québécoise. Il fait de nouveau appel à Michel Côté pour ce film.

Né le 25 décembre 1960 dans une banlieue de Montréal, Zachary est le quatrième des cinq fils de Gervais et Laurianne Beaulieu. Tandis que sa mère décèle en lui un don de guérisseur, son père en fait vite son préféré. Mais cette complicité prend fin brutalement lorsque le bourru Gervais surprend le gamin affublé d'une robe de femme. À l'adolescence, raillé par son frère aîné, le toxicomane Raymond, Zachary lutte contre ses pulsions homosexuelles, tout en cherchant à retrouver le contact avec son père distant.

Le film de Jean-Marc Vallée regorge d’expériences communes pour les 30-50 ans et vient sonner plusieurs cloches dans nos souvenirs. Tant par ses décors que la musique bien choisis (Bowie, Pink Floyd etc.), l’ambiance est immédiatement rétro dans le meilleur des sens.

La distribution est fort bien menée par Michel Côté, Marc-André Grondin (Zachary) et Danielle Proulx (la mère de Zac). Le père de famille de Côté est décent, adore ses fils et reste généralement crédible tout comme Danielle Proulx dans son rôle de mère. Les compliments s’appliquent à Grondin aussi, rendant chacune des interrogations de Zachary.

Les acteurs ont beau être bons, C.R.A.Z.Y. est d’abord et avant tout une des meilleures réalisations québécoises des 20 dernières années. Vallée arrive à combiner modernisme et sobriété dans la réalisation, sans faire de l’épate. Les procédés qu’il utilise viennent appuyer de superbe façon l’émotion qu’il désire évoquer à ce moment. Un mélange parfaitement équilibré entre la forme et le contenu. Ses choix au niveau scénario et montage sont également plein de finesse et de délicatesse. Ils assurent également que le film plaira au plus large public possible, incluant les gens qui n’aimeraient pas voir deux hommes ensemble.

La seule petite plainte qu’On pourrait faire au film est une certaine longueur, particulièrement lors d’un périple de Zachary à Jérusalem, pas vraiment nécessaire au message du film et qui l’étire pour rien. Outre ceci, C.R.A.Z.Y. offre rires, larmes, nostalgie et tolérance en doses bien calculées. Une belle réussite.

par Nicolas Lacroix
vu en version québécoise originale.

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