Le Retour de Superman Affiche de film

Le Retour de Superman

Superman Returns

  • Date de sortie: mercredi 28 juin 2006
  • Genre: Action/aventure

  • Réalisateur: Bryan Singer
  • Producteur: Bryan Singer, Gilbert Adler, Jon Peters
  • Scénario: Michael Dougherty, Dan Harris
  • Studio: Warner Bros. Pictures
  • Durée: 2h 34m
  • Site officiel: www.supermanreturns.com/
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Critique

Il en a mis du temps, Superman, pour revenir. Pratiquement 20 ans. Une foule de scénarios, réalisateurs et acteurs furent envisagés, de Tim Burton à Nicolas Cage, de Tom Welling à Wolfgang Petersen. C’est finalement celui qui aida à lancer le nouvel âge d’or du super héros, Bryan Singer (réalisateur des deux premiers X-Men), qui obtint le contrat de réalisation et un parfait inconnu, Brandon Routh, qui fut choisi pour porter la cape rouge.

Le retour de Superman se déroule après le second film de la saga Christopher Reeve. La découverte par des scientifiques des restes de son monde natal, la planète Krypton, a poussé Superman à quitter la Terre à la recherche de traces de sa civilisation. Cinq longues années se sont passées et la Terre, tout comme Lois Lane, est passée à autre chose, oubliant le héros qui les a sorti si souvent du pétrin. Ironiquement, le seul qui n’a pas oublié Superman est son ennemi juré, Lex Luthor, qui met en branle un nouveau plan pour dominer le monde et supprimer une fois pour toute Kal El.

J’admets d’emblée que Superman est probablement le super héros majeur qui me branche le moins. Extraterrestre, Superman est trop loin de nous, tant dans ses pouvoirs que dans ses péripéties. Il ne possède pas les vulnérabilités sympathiques de Spider-Man ou la quasi psychose de Batman, ni l’humour grinçant de Wolverine. Il est, en un mot, plus limité comme personnage que beaucoup d’autres héros de bande dessinée. Ce nouveau film, qui choisit le parti de la sentimentalité, n’y change pas grand-chose.

Le film dévoile ses intentions rétro dès le générique, calqué sur celui du film de Richard Donner de 1978. Et malgré l’apparition d’un cellulaire ou deux, le film pourrait aussi bien se dérouler dans la même Metropolis que le film original. Il ne s’agit donc pas, de toute évidence, d’une réinvention du mythe à la Batman : Le Commencement mais cette option aurait été préférable à celle-ci. Impossible pour Singer d’éviter une certaine impression de déjà vu, même si l’on comprend que son intention était de tourner un film qui s’insèrerait dans la série déjà tournée.

Les séquences d’action sont évidemment bien plus réussies que celles d’il y a 20 ans. Notamment la première, où Superman doit aider un avion de ligne en détresse à bord duquel se trouve Lois, est époustouflante. La seconde séquence d’action aussi, qui reflète celle du film original où Superman aide plusieurs personnes en une soirée (encore une fois, de la récupération ou de l’hommage, selon votre point de vue). Malheureusement, la plus ennuyante des grosses séquences est gardée pour la fin. Elle évoque Titanic et ne réussit en rien ou presque, sauf mettre en place des comparaisons Jésus/Superman, fréquentes dans le dernier tiers du film.

Brandon Routh s’avère le point le plus positif de ce nouveau film. S’il allie physiquement Christopher Reeve et Chris Noth (Mr.Big dans Sex and the City et le détective Mike Logan des premières années de Law & Order) , son jeu reprend les meilleures caractéristique du premier Superman, sa noblesse inhérente et son charme sous les traits de Clark Kent. Excelletn choix donc de la part de Singer, car Routh arrive à faire classique et moderne à la fois, alors que le choix de Tom Welling (de la série Smallville) aurait fait un peu trop « postmoderne ».

La qualité varie au niveau des autres interprètes. Kate Bosworth est trop sombre et morose pour le rôle de Lois Lane tel que nous la connaissions et l’acteur qui joue le fils, Tristan Lake Leabu, semble avoir été dirigé par George Lucas tellement il est mauvais. Sam Huntington nous donne le meilleur Jimmy Olsen du cinéma, tandis que James Marsden fait son possible avec le rôle ingrat de Richard White, fiancé de Lane. Quant à Kevin Spacey, aucun effort n’est requis de sa part et sa performance ne s’élève pas au-dessus d’une copie de Nicholson dans le premier Batman et celle de Gene Hackman dans le premier film, sans les égaler. La canadienne Parker Posey reprend exactement son rôle dans Blade Trinity comme source constante de gags.

Singer nous offre tout de même plusieurs moments forts, comme la chute vers la Terre d’un Superman déchu et les deux séquences d’action mentionnées précédemment. Il nous en offre assez, en fait, pour faire de ces deux heures trente de film une expérience généralement positive. Le retour de Superman est par contre criblé de problèmes, que ce soit la première demi-heure morne, le rythme inégal, les fréquents déjà vus, la durée qui aurait dû être plus courte. Vivement Batman contre Superman pour injecter un peu de vie dans cette franchise.

par Nicolas Lacroix
vu en version originale anglaise

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