Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal Affiche de film

Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal

Indiana Jones and the Kingdom of the Crystal Skull

  • Date de sortie: jeudi 22 mai 2008
  • Genre: Action/aventure

  • Réalisateur: Steven Spielberg
  • Producteur: Frank Marshall
  • Scénario: David Koepp
  • Studio: Paramount Pictures
  • Durée: 2h 00m
  • Site officiel: www.indianajones.com
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Critique

Pour débuter, un peu de mise en contexte s'impose: Le quatrième Indiana Jones est probablement, avec la seconde trilogie Star Wars, la suite qu'il me tentait le moins de voir. C'est certainement le 'blockbuster' qui me faisait le plus peur en cet été 2008 au cinéma. Vu la destruction en règle de mon enfance commise par Lucas avec Star Wars, j'avais très peur de ce que Monsieur Skywalker Ranch allait faire d'Indiana Jones, surtout en sachant qu'il avait rejeté le scénario de Frank Darabont (un des meilleurs scénaristes à Hollywood). Une chance, Spielberg était là pour rehausser le tout un peu. Mes attentes ont donc vacillé entre basses, très basses et finalement un peu plus hautes dans les derniers jours, quand les premiers échos positifs nous sont parvenus de Cannes, le 'buzz' des journalistes étant majoritairement positif.

Eh! Bien monsieur Spielberg doit être un homme charmant car son film ne mérite pas toutes ces éloges. Situé entre le pire des films d'Indy (Le temple maudit dans mon cas) et les exécrables films de la Momie, cette nouvelle aventure de l'archéologue le plus connu de la planète n'est pas un désastre du niveau de la nouvelle trilogie Star Wars, même s'il est difficile de ne pas tomber dans l'hyperbole devant un tel monument du cinéma populaire. Il est cependant très loin de l'icône du cinéma commercial que fut le premier et jamais égalé film de la série. Loin de là.

Nous sommes en 1957 et Indiana Jones se retrouve aux prises avec de nouveaux ennemis, les Russes, qui cherchent à mettre la main sur un artéfact découvert à Roswell, Nouveau-Mexique, dix ans plus tôt. Entre en scène un jeune homme du nom de Mutt Williams qui demande l'aide de Jones pour retrouver sa mère, enlevée par ses mêmes Russes.

Voilà une version très très simpliste d'une intrigue inutilement compliquée et bien garnie en rebondissements, comme c'est toujours le cas avec Indy. Curieusement, mes attentes ont également varié pendant que je regardais le film car il faut avouer que le début est excellent et très prometteurs: ironie (la fameuse montagne de Paramount), action (dans un lieu mythique de la saga), sérieux, hommage à American Graffiti, juste assez de folie pour nous surprendre. À partir du moment où le personnage de Mutt arrive par contre, c'est la descente infernale jusqu'à une dernière demi-heure ridicule, franchement ennuyante et sans aucune inspiration. Pas surprenant du tout de savoir que l'histoire vient de George Lucas. Le plus surprenant est que comme vous, je croyais que le nouveau film de la série The X-Files/Aux frontières du réel n'arrivait qu'en juillet… mais non, il est là, en mai, sous une forme totalement inattendue...

Aucune faute n'incombe à Harrison Ford, parfait dans le rôle. De même, la sympathique Karen Allen a été très gentille de revenir dans un film où on ne lui offrait que 5 minutes de dialogues. Et une chance qu'elle y est parce que c'est le seul visage familier outre Indy. Oh, Marcus Brody fait bien une apparition en image, tout comme Papa Henry Jones Sr., mais sinon rien. Cate Blanchett amuse un peu mais son accent nous parvient tout droit de la banque des clichés 101 des méchants du cinéma. Quant au jeune Shia LaBeouf, si l'introduction de son personnage de Mutt est rigolote vu l'hommage évident à Brando, on lui donne relativement peu à faire une fois l'intrigue enclenchée. C'est en fait le cas pour tout le monde: l'intrigue est si décousue et si étrange qu'elle finit par prendre le dessus au détriment du reste.

Niveau réalisation, là aussi c'est un peu de tout. Les premières 20-30 minutes représente le Spielberg commercial à son plus efficace. Après les séquences alternent entre le réussi et le raté. On sent la presse d'une date de sortie à respecter et d'un cinéaste qui n'a pu prendre le temps de parfaire son film.

Il est ironique de voir qu'alors que les films de La Momie pillaient sans vergogne la série Indiana Jones, le serpent hollywoodien se mange la queue et maintenant c'est Indiana Jones qui s'inspire de La Momie. Qui l'eut cru? Je veux dire par là que le nouvel Indiana Jones est relativement léché mais sans âme, du divertissement facile visant les 6-12 ans et leurs mamans. Et c'est correct, c'est un marché valide et fructueux, mais on s'attend à un peu plus d'Indiana Jones. On s'attend à ce qui si des cinéastes effectuent un retour après 20 ans d'absence, c'est que le scénario est solide comme le rock et que l'intrigue en vaut la peine. On s'attend à ce que ce retour soit plus poignant que le film précédent, lancé en 1989. On s'attend à ce que les cinéastes essaient du neuf: l'ironie d'un Indiana Jones dans un monde moderne qu'il ne reconnait plus ou encore un solitaire qui se découvre une famille ou n'importe quelle autre avenue qui nous aurait apporté du neuf. Parce que des films relativement agréables mais ultimement décevants d'Indiana Jones, ont en avait déjà deux. Tout est bien qui fini bien? Pour Indy, oui, pour le cinéphile, pas mal moins.

par Nicolas Lacroix
vu en version originale anglaise
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