Kung Fu Panda (v.f.) Affiche de film

Kung Fu Panda (v.f.)

Kung Fu Panda

  • Date de sortie: vendredi 6 juin 2008
  • Genre: Famille

  • Réalisateur: John Stevenson, Mark Osborne
  • Producteur: Melissa Cobb
  • Scénario: Jonathan Aibel, Glenn Berger
  • Studio: Paramount Pictures
  • Durée: 1h 32m
  • Site officiel: www.kungfupanda.com
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Critique

Les studios DreamWorks ont véritablement débuté leur implication en animation en 1998 avec Fourmiz. Après Z, la sympathique fourmi aventurière, il y a eu le coq menteur Rocky et ses admiratrices (Poulets en fuite). Arrivèrent ensuite le grognon et coloré ogre nommé Shrek, un banc de poissons bien spéciaux (Gang de requins), des pingouins disjonctés dans un zoo en folie (Madagascar) et, tout récemment, Barry B. Benson, une abeille incapable d’accepter son sort d’ouvrière (Drôle d’abeille). Quel animal serait le prochain ciblé? Le panda. Ce mammifère poilu allait inspirer les studios DreamWorks au point de lui faire vivre une aventure rocambolesque : celle de Kung Fu Panda, une comédie visuellement époustouflante, mais un peu molle.

Po est un panda amateur d’arts martiaux. Son truc, c’est le kung-fu. Il est fasciné par cette technique de combat et, surtout, par cinq élèves fort doués du maître Shifu. Contre toute attente, il sera choisi par une sage tortue pour défendre la jungle chinoise contre un puissant léopard assoiffé de vengeance. Or, Po est un panda paresseux, peu doué et dont l’estomac dicte le code de conduite. Et puis, il ne veut pas décevoir son père, un vendeur de soupe aux nouilles qui le voit comme son digne successeur. Pourtant, Po devra faire face à la musique s’il veut devenir celui dont il rêve tant d’être.

Nouvelle aventure, nouveau héros, mais toujours ce besoin de se dépasser pour les gens de DreamWorks. L’époque où la compagnie Pixar semblait seule dans la course pour produire des films d’animation de qualité est révolue. Avec Kung Fu Panda, on a droit à des effets spéciaux surprenants, jouissifs, quelques fois même saisissants. Explosifs et rapides, les différents combats revêtent un attrait particulier et flirtent avec les meilleurs éléments des films d’action. La séquence d’ouverture offre aussi une touche spéciale à l’ensemble, non loin cette fois des bons vieux dessins animés d’il y a une vingtaine d’années. Mais le plus impressionnant, c’est qu’outre le fait que le son et la direction artistique ont eu droit à un nombre d’heures incalculables de travail, l’apparence des animaux a aussi été minutieusement étudiée. Le pelage est réussi à la perfection ; réalistes sont donc les nombreux mouvements des personnages animaliers. À notre grand plaisir.

Sans être des plus hilarants, le parcours improbable de Po le panda est saupoudré de moments rigolos. On rit de bon cœur après avoir plongé dans ce monde où les animaux parlent et où plusieurs d’entre eux ont des habilités hors du commun. Par contre, pas ou peu de trace de ce deuxième degré qui rehausse les comédies. Inoffensifs et plutôt faciles, les gags auraient mérité qu’on s’y attarde davantage. Exit le bon vieux cynisme, bonjour le corps comme source d’inspiration. Ajoutons à cela que le panda, si charmant puisse-t-il être, est niais et n’a pas l’envergure des grands héros.

Car hormis l’inimitable Shrek, chez DreamWorks on a tendance à viser les plus jeunes, à délaisser un peu les adultes lorsque vient le temps de pondre un scénario. Et c’est assez flagrant dans le cas présent. On a malheureusement préféré sacrifier les moments intenses et dramatiques (voire noirs) pour nous servir une fable où il faut avoir la foi, croire en ses capacités et ne chercher nulle part ailleurs qu’à l’intérieur de soi-même pour réussir. Un autre cliché svp! À la réalisation, le duo formé de Mark Osborne et John Stevenson a donc d’autant plus de mérite. Les deux hommes composent avec une histoire mince comme un filet de toile d’araignée et pourtant, ils réussissent à nous en mettre plein la vue. D’ailleurs, c’est peut-être à la lecture du récit qu’ils ont mis les bouchées doubles. Ils se sont probablement dits qu’il leur faudrait une technique au point, un montage efficace et quelques scènes à l’emporte-pièce pour conserver l’attention des cinéphiles.

Plus récent film d’animation à émaner d’Hollywood, Kung Fu Panda s’inscrit parfaitement dans la lignée des films cherchant à plaire surtout aux enfants, mais aussi à leurs parents. Il est coloré, offre des scènes rapides et son lot d’animaux attachants. Mais au tournant de ses dix ans, le département de DreamWorks à l’origine de cette aventure éclatée est arrivé à un carrefour. Continuera-t-il à suivre le sillon si bien tracé par les studios Walt Disney où arrivera-t-il à maturité en resserrant ses intrigues et en embauchant des scénaristes ayant fait leurs preuves? Ça reste à voir.

Par Yan Lauzon

Vu en version originale anglaise.

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