Quatre Noël Affiche de film

Quatre Noël

Four Christmases

  • Date de sortie: vendredi 28 novembre 2008
  • Genre: Comédie

  • Réalisateur: Seth Gordon
  • Producteur: Gary Barber, Jonathan Glickman, Roger Birnbaum
  • Scénario: Matt R. Allen, Caleb Wilson, Jon Lucas, Scott Moore
  • Studio: Alliance Vivafilm
  • Durée: 1h 22m
  • Site officiel: www.fourchristmases.com
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Critique

Fin novembre. Les cinéphiles ont droit à leur première comédie du temps des Fêtes signée Hollywood. Voilà d’ailleurs peut-être le plus bel avantage de Four Christmases/Quatre Noël, film qui met en vedette Vince Vaughn et Reese Witherspoon : il est le premier de la sorte à être présenté dans les salles obscures cet hiver. Il pourra donc sans doute rejoindre un large bassin de gens qui ont déjà le cœur aux festivités. À ceux qui pensent à manger de la bûche, à boire un grand coup et à développer leurs cadeaux. Car ce ne sont pas les personnalités déjantées, les tirades contre les moments passés en famille et le destin d’un couple ordinaire de cette comédie qui inciteront à faire non pas une, mais bien quatre visites le jour de Noël.

Depuis trois ans, Brad et Kate évitent de passer le jour de Noël avec leurs proches en s’envolant vers les pays chauds. Ils sont incapables de blairer les membres de leurs familles un peu particulières. Or, la journée de leur départ pour les îles Fidji, un épais brouillard surplombe la ville de San Francisco, annulant tous les vols prévus. Comble de malchance, le couple est apostrophé par une reporter qui veut avoir, en direct, des réactions immédiates face à cette fâcheuse situation. A la suite de leur passage à la télévision, Brad et Kate n’auront d’autre choix que de rendre visite à leurs parents, tous quatre divorcés, le 25 décembre.

On ne l’a pas vue depuis le début de l’année et c’est entourée de nombreux personnages invraisemblables que Reese Witherspoon revient au grand écran. L’actrice qui choisit volontairement de ne pas apparaître trop souvent au cinéma et à la télévision a pourtant bizarrement cru au récit de Four Christmases/Quatre Noël. Et elle se donne beaucoup. Sans être toujours juste, son interprétation vaut quand même le détour, démontrant une partie de sa versatilité. On aurait par contre aimé lui offrir mieux comme dialogues. De son côté, Vince Vaughn en est à sa deuxième comédie du temps des Fêtes consécutive (pourquoi?), ayant tenu le haut de l’affiche avec Paul Giamatti de Fred Claus/Le frère Noël presque à pareille date l’an dernier. Sans rien vouloir lui enlever, on s’explique mal les raisons qui l’ont poussé à vouloir célébrer Noël de cette façon. Pas complètement à l’aise, il lui manque cette touche de romantisme senti qui aurait permis de croire davantage à son Brad. Il parvient toutefois à provoquer quelques rires lorsqu’une situation lui lève le cœur.

Simple spectateur de son film, le réalisateur Seth Rogen n’a rien fait pour rehausser le scénario. Il semble s’être dit qu’après tout, deux stars doivent savoir comment tirer profit de leurs scènes et sauraient très bien comment combler le manque à gagner au niveau de la direction artistique. Car il ne faut pas se leurrer : le travail du cinéaste est convenu à un tel point qu’on le dirait sorti tout droit d’une chaîne de montage. Aucune fantaisie, aucune envolée visuelle, aucune extravagance. Rien qui soit déplacé. Rien non plus qui permette de reconnaître qu’il était là, présent sur le plateau de tournage.

Ça ne semble par contre pas déranger beaucoup le reste de la distribution qui a en vu bien d’autres. En fait, il est assez surprenant de prendre conscience de la présence de Robert DuVall, Jon Voigt, Mary Steenburgen et Sissy Spacek dans cette histoire de Noël. Les femmes sont épanouies et non aucune gêne à parler de sexe. Elles semblent même très portées sur la chose. Les hommes sont plus effacés, dépassés par la force de la gente féminine qui se conduit ici avec beaucoup d’assurance. Et puis, heureusement, le récit contient suffisamment de péripéties pour changer le mal de place. Si l’histoire n’est pas à la hauteur des ambitions des acteurs, quelques clins d’œil représentent un certain intérêt. On parle religion, on écorche aisément la famille et on taquine l’autre sur ses erreurs de jeunesse. Mais rien n’est assez fort pour ébranler le spectateur.

Après avoir vu Four Christmases/Quatre Noël, on en vient à la conclusion qu’il ne faut pas grand-chose pour faire une comédie du temps des Fêtes. Mais ça prend quand même un peu plus de subtilité, de rire et d’amour…

Par Yan Lauzon

Vu en version originale anglaise.

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