Maître à bord: de l'autre côté du monde Affiche de film

Maître à bord: de l'autre côté du monde

Master and Commander: The Far Side of the World

  • Date de sortie: vendredi 14 novembre 2003
  • Genre: Action/aventure

  • Réalisateur: Peter Weir
  • Producteur: Duncan Henderson, Peter Weir, Samuel Goldwyn
  • Site officiel: www.masterandcommandermovie.com
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Critique

L’australien Peter Weir est probablement un de mes 5 cinéastes favoris (écrivez-moi si vous tenez absolument à connaître les autres). C’est l’homme qui nous a donné les films Witness, Dead Poets Society, Fearless, The Truman Show et plus encore. Cinéaste sensible et préoccupé par la technologie envahissante, Weir caressait depuis plusieurs années le projet de transformer les romans de Patrick O’Brian en film. C’est maintenant chose faite et sa passion pour le projet imprègne le résultat final.

Se déroulant en 1806 pendant les guerres napoléoniennes, Maître à bord raconte les péripéties du navire britannique HMS Surprise, commandé par le capitaine Jack Aubrey, qui voyage autour du monde en compagnie de son ami le chirurgien Stephen Maturin. À une époque où les conflits étaient gagnés et perdus en mer, le HMS Surprise se confronte à une 'super-frégate' française baptisée Acheron, suite à une attaque surprise qui a laissé le navire d'Aubrey en piteux état. Alors que son vaisseau est sérieusement endommagé, son équipage réduit et le moral à son plus bas, Aubrey va décider de partir à la poursuite de la frégate française pour régler ses comptes.

Mêlant aventures en mer, étude sociologique et drame de guerre, Maître à bord en offre un peu pour tous les goûts. Par contre, Weir ne met pas l’accent sur l’action comme semblent le laisser croire les bandes-annonces du film. Ce sont les interactions humaines qui le fascinent, la grâce et le courage des hommes sans oublier le charisme de ceux qui les mènent. Weir effleure également le conflit qui confronte souvent les grands hommes, soit le conflit qui les confronte à eux-mêmes.

Si la dimension humaine est présente dans Maître à bord, ce qui impressionne le plus est la reconstitution minutieuse de ce qu’on imagine être la vie sur un navire de guerre à cette époque. Aucun détail, aucune attention n’est épargnée et le film s’avère non seulement impressionnant mais nous semble criant de vérité (je dis bien « semble » puisque aucun d’entre nous n’y était à cette époque évidemment). On a même construit deux navires grandeur nature pour le film, c’est dire les efforts qu’on a mis dans ce film visuellement magnifique. Les tactiques navales sont fascinantes et démontrent bien la dimension intellectuelle des combats.

Le film tire donc son long titre de deux des vingt romans écrit par Patrick O’Brian. Weir, qui a co-écrit le scénario avec John Collee, a condensé l’intrigue de Maître à bord et de De l’autre côté du monde en y effectuant quelques changements. Voilà un des rares problèmes du film : on a l’impression que Weir tente de forcer trop de matériel dans un seul film. La fin tragique d’un des personnages secondaires, par exemple, semble arriver presque de nulle part parce que la progression des événements est trop abrupte.

Reste qu’en général Maître à bord fonctionne superbement. Les combats sont on ne peut plus enlevant, les acteurs campent parfaitement leur personnage, même lorsqu’ils sont au bord du stéréotype, et Weir réalise avec la même assurance que Jack Aubrey commande ses hommes et son navire. On serait tenté de dire que Maître à bord est le film définitif sur la vie en mer à l’ère napoléonienne.

par Nicolas Lacroix
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