Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban Affiche de film

Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban

Harry Potter and the Prisoner of Azkaban

  • Date de sortie: vendredi 4 juin 2004
  • Genre: Famille

  • Réalisateur: Alfonso Cuarón
  • Producteur: Chris Columbus, David Heyman, Mark Radcliffe
  • Site officiel: www.azkaban.com
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Critique

Ce qui semblait au départ une drôle d'idée s'est avéré une excellente idée. Engager le réalisateur d'un film sur l'éveil sexuel d'adolescents (Y tu mama tambien) pour tourner le troisième volet d'Harry Potter était une proposition risquée mais il faut bien admettre que le résultat final est saisissant. Alfonso Cuarón a réalisé le meilleur Harry Potter jusqu'à maintenant. Ou au minimum, le plus mature.

Le nouvel épisode de la saga Potter débute comme le précédent, chez la famille d'adoption d'Harry, des êtres toujours aussi insipides et toujours plus près de la grossière caricature (comme l'autre 'méchant' Malfoy). Heureusement, Harry est rapidement de retour à l'école des sorciers et l'on peut se plonger dans l'intrigue du troisième film. Il appert que le dangereux meurtrier Sirius Black s'est échappé de la prison d'Azkaban et pour diverses raisons, on croit que Black se dirigera vers Poudlard pour s'en prendre à Harry. En même temps, un des nouveaux professeurs à l'école, le prof Lupin, semble avoir des problèmes étranges et porte une attention particulière à Harry.

La maturité nouvellement acquise de la série s'installe dès la première image, alors qu'Harry s'amuse sous les couvertures avec sa baguette. Les plus jeunes n'y verront que du feu mais pour les autres, l'allusion est claire. Cette maturité se poursuit dans le ton plus sombre du film, tout comme dans les changements physiques des jeunes protagonistes incarnés par Daniel Radcliffe, Rupert Grint et Emma Watson. Assez que j'hésiterais longtemps avant de recommander le film aux enfants de moins de 8-9 ans. Plusieurs séquences pourraient être un peu trop intenses pour eux, sans compter qu'on y parle régulièrement de meurtre.

Ce que Cuarón apporte d'abord et avant tout à la série Potter est un sens visuel insoupçonné jusqu'à maintenant, ainsi qu'une folie palpable. Tout peut arriver dans le film, on le sent dès la première séquence. Le réalisateur fait souvent des choix audacieux et aventureux pour sa mise en image, comme de la caméra tenue à la main, les amusantes humeurs d'un arbre bien vivant ainsi que dans l'image finale du film. On sent enfin un vrai sens du cinéma et non uniquement un effort appliqué pour adapter une œuvre trop bien connue.

Si l'on peut reprocher quelque chose au film c'est de laisser un peu en pan les gens qui, comme moi, n'ont pas lu les livres. À quelques reprises on se demande un peu ce qui se passe vraiment et pourquoi on passe de façon si saccadée d'une séquence à l'autre.

Au niveau des interprétations, Radcliffe semble avoir pris un peu d'assurance. Grint réussit sans effort ce qu'on lui demande, de faire rire, tandis que la jeune Watson présente possiblement le plus gros changement de personnalité. On sent chez elle plus que tout autre personnage l'intempestive adolescence qui s'amène. Chez les adultes, Michael Gambon remplit admirablement le vide laissé par la mort de Richard Harris, qui incarnait Dumbledore. David Thewlis s'avère touchant dans le rôle de Lupin et Gary Oldman est égal à lui-même dans celui de Sirius Black. Emma Thompson amuse aussi dans le rôle de la prof de divination.

Finement tourné et bien joué, le troisième Harry Potter convient encore plus que les précédents aux jeunes adultes et aux parents et amorce avec succès la tendance vers la maturité de la série.

par Nicolas Lacroix
vu en version originale anglaise

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