Élektra Affiche de film

Élektra

Elektra

  • Date de sortie: vendredi 14 janvier 2005
  • Genre: Action/aventure

  • Réalisateur: Rob Bowman
  • Producteur: Arnon Milchan, Avi Arad, Gary Foster
  • Scénario: Raven Metzner, Stu Zicherman, Zak Penn
  • Studio: 20th Century Fox
  • Durée: 1h 40m
  • Site officiel: www.elektramovie.com
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Critique

En 2003, Marvel lançait le film Daredevil, tiré de sa vaste collection de super héros en collants. Le film, incertain du potentiel de son personnage principal, incluait la participation d’Elektra Natchios, elle-même héroïne de son propre titre de Marvel. Daredevil n’a pas été très bien reçu (Malgré le fait que ce soit un film de « comic » correct) alors c’est plutôt Elektra qui revient d’entre les morts, telle que jouée par Jennifer Garner. Enfin, vu le résultat final, j’hésiterais à dire qu’elle est « revenue d’entre les morts »...

Ressuscitée par son maître d’arts martiaux Stick (joué par Terence Stamp), Elektra a entamé une carrière de tueuse à gages. Cependant, son plus récent contrat vise un père et sa fille adolescente, qui rappelle beaucoup à Elektra sa propre jeunesse, et elle décide au péril de sa vie de les protéger d’une organisation criminelle mystérieuse baptisée « The Hand ».

Ce n’est pas tellement qu’Elektra est un si gros navet, c’est seulement qu’il est inintéressant au possible. On s’emmerde pratiquement de la première à la dernière minute sans être sûr pourquoi. La séquence d’ouverture, censée établir la mythologie d’Elektra, s’avère morte à l’arrivée, et le reste du film suit rapidement la même voie fatidique. Aucune énergie, un manque évident d’invention (même si les intentions y sont) et un scénario fort mal construit conspirent pour faire avorter le film.

Même Jennifer Garner, qui sans être une grande actrice est toujours charismatique et capable, offre un jeu sans éclat et sans inspiration. Son Elektra, trop renfermée, trop sur ses gardes, n’implique pas le spectateur. L’Elektra de Daredevil était plus intéressante, plus humaine, plus complexe. Oh, les nombreux scénaristes tentent tant bien que mal de la rendre complexe et unique (elle souffre de désordre obsessif compulsif par exemple) mais ces petites touches ne viennent rien ajouter à l’intrigue, elles ne sont qu’artifice pour masquer le vide de l’ensemble.

Sans choisir de direction claire, en voulant plaire à tout le monde, Elektra ne plait à personne. Les séquences d’actions sont tournées sans éclat et trop serrées, rendant le tout quasi-incohérent. Dans le cas de la confrontation finale entre l’héroïne et le principal vilain, le réalisateur Rob Bowman verse dans une très mauvaise imitation du style de Zhang Yimou (Héros). Si les magnifiques draperies du film de Yimou sont saturées de couleurs, celles de Bowman sont, simplement, des draps blancs, le réalisateur créant sa propre métaphore n’exigeant pas plus d’explication.

Les principaux intéressés oublient qu’avant d’avoir un héros torturé, il faut un héros et avant un héros, il faut un individu avec lequel on peut s’identifier. Si cet ingrédient essentiel manque à l’appel, il ne sert à rien d’avoir des méchants dont les tatouages prennent vie, ou des belles amazones portant le bustier rouge éclatant, ou une variété d’autres ingrédients repiqués ici et là dans l’univers des super héros de bande dessinée. En bout de ligne, on s’emmerde quand même.

par Nicolas Lacroix
vu en version originale anglaise

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